Aziz Akhannouch, le Premier ministre au Maroc et homme du roi

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Le nouveau Premier ministre marocain, Aziz Akhannouchn qui pèse 2 milliards de dollars selon le magazine Forbes, n’est pas un homme au-dessus de tout soupçon ; c’est tout le contraire. Pour pouvoir déboulonner le puissant parti islamiste au pouvoir depuis dix longues années, il n’est pas parti de rien.

Son parti, considéré comme proche du palais, a pris part à toutes les coalitions gouvernementales depuis 23 ans, sauf pendant une brève période entre 2012 et 2013. « Le principal engagement du parti est de travailler sérieusement tant que nous jouissons de la confiance des citoyennes et des citoyens, en vue d’améliorer leur quotidien, de réaliser leurs aspirations et de regagner la confiance en leurs représentants », dit Akhannouch.

Aziz Akhannouch a été surtout un inamovible ministre de l’Agriculture, qui évite comme il peut les médias, et qui garde son poste de ministre de l’Agriculture même lorsqu’il quitte la coalition gouvernementale entre 2012 et 2013 après la victoire historique des islamistes en 2011 dans le sillage du Printemps arabe. Signe évident à saisir au vol : Aziz Akhannouch garde l’Agriculture, secteur stratégique de l’économie marocaine, jusqu’à ce jour. Et qui dit agriculture au Maroc dit haschisch, kif, cannabis. Donc proximité nécessaire avec la DGED et les autres services. En fait, c’est, pour les renseignements marocains, « l’homme de la situation ».

Cependant, il ne peut éviter d’être éclaboussé au Maroc par une polémique en avril 2018 alors qu’il était à la tête de la tentaculaire holding Akwa Group, opérant dans les hydrocarbures et l’immobilier, Aziz Akhannouch est particulièrement visé comme symbole de la collusion entre affaires et politique. Un rapport parlementaire le prend même pour cible, dénonçant les marges excessives des distributeurs de carburants depuis la libéralisation des prix en 2015, à commencer par son groupe Afriquia. Le Conseil marocain de la concurrence se saisit de l’affaire et conclut en juillet 2020 à une entente entre géants pétroliers. Il inflige des sanctions frappant 9 % du chiffre d’affaires des trois leaders du marché : Afriquia, le français Total et l’anglo-néerlandais Shell.

Toujours à la tête de « l’agriculture », Aziz Akhannouch était le plus proche des ministres des services marocains, du fait des dossiers dont il a connaissance. Ne perdez pas de vue qu’au Maroc les caisses noires du renseignement et les fonds occultes pour la propagande pro-marocaine proviennent des saisis de kif, des ventes et des recettes secrètes du cannabis, ainsi que de la collusion avec les gros « exportateurs » marocains de kif vers l’Europe et les pays du Sahel.

L’Express, 14/09/2021