Algérie: Une relance du MAEP

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Chaabane BENSACI

La diplomatie algérienne a retrouvé des ailes et la cadence effrénée des déplacements du ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, en témoigne pleinement. L’ampleur des défis et des menaces est telle qu’il importe de réveiller les consciences, les unes assoupies et les autres anesthésiées, d’une part, et que la mission à laquelle se dévoue le MAE algérien, d’autre part, vise à raviver la mobilisation pour la défense des intérêts et des principes chers à tous les peuples du monde arabe et du continent africain.

Pour ceux qui s’en souviennent, l’ancien président Barack Obama, à l’occasion d’une de ses rares visites au Ghana, avait déclaré: «l’Afrique a besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts». Un constat qui n’a trouvé aucun écho, dans bien des cas, la majorité des pays de l’UA étant toujours en quête de telles institutions. Même l’UA se découvre, soudain, menacée par des appétits sionistes qu’il n’est pas besoin de qualifier tant le moteur expansionniste est déterminant au plus haut point.

En se dressant face à cette décision par laquelle l’Etat hébreu pourrait devenir membre observateur de l’UA, avec un soutien inconditionnel du royaume marocain, l’Algérie et sa diplomatie ressourcée s’efforcent de remettre les choses à leur juste dimension, à savoir les principes inaliénables qui ont guidé les pères fondateurs de l’organisation panafricaine.

Une position qui dérange, naturellement, les visées du sionisme, et des puissances occidentales qui le parrainent. Leur soif de mainmise sur les richesses du continent est inaltérable et, pour perpétuer un ordre fondé sur la domination et la division, ils n’hésitent pas à fournir les armes, encourager la sédition et dresser les ethnies les unes contre les autres, comme on l’a vu en maintes circonstances et dans diverses contrées africaines.

Parfois, cette approche provoque des drames terribles, comme au Soudan, mais, la fin justifiant les moyens, peu importe que les peuples se déchirent et qu’ils s’enfoncent dans un sous-développement et une misère indescriptibles. C’est, dit-on, la fatalité et la malédiction des ressources qui «expliquent» la perpétuelle régression à laquelle semblent condamnées les populations malgré une indépendance chèrement payée et toujours virtuelle.

A la source, il y a, évidemment, le déficit de bonne gouvernance, malgré le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs.

L’Algérie, avec les pays majeurs de l’UA, travaille à approfondir ce mode grâce auquel les masses accéderont à une éducation politique réelle qui leur permettra de défendre les mécanismes constitutionnels et les intérêts supérieurs de leur nation. D’où l’exigence d’une unité et d’une solidarité sans failles pour protéger le socle de l’Union africaine, envers et contre tout.

L’Expression, 09/09/2021

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