Algérie : Dinar maudit ?

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La planche à billet nommée prosaïquement chez nous…financement non conventionnel, est en pleine boum. En effet, des voix versées dans le domaine, estiment que la banque d’Algérie à continuer d’imprimer de la monnaie durant toute l’année en cours. .

Cette option monétaire appelée planche à billets a pour but de créer de la monnaie ex nihilo, c’est-à-dire sans création de richesse correspondante.

En temps normal, pour pouvoir créer de la monnaie la banque centrale d’un pays X, doit disposer de compensations à l’actif de son bilan, en l’occurrence de l’or, des réserves de changes conséquentes, des titres( obligations d’état).

Procéder différemment signifie que l’on imprime de la monnaie sans contreparties, et que l’on crée de la monnaie sur la base de rien. Et cela se traduit par une incontrôlable inflation.

Quid de la situation chez nous?

Dans un entretien à la presse, Mr Kamel Benkabebeche, économiste – conseil en investissements, estime que les tirages chez nous de la planche à billet « 2021 » pourrait atteindre 3200 millards de dinars, ce qui équivaudrait à 24 milliards de dollars, soit 15% du PIB !

Oula ! On peut dire qu’on a carburé plein pot. Des billets en veux-tu, en voilà !

L’excès artificiel des liquidités comme oxygène, dans les bureaux de poste ! Joli trouvaille !

Sauf que le magot mensuel devenu…4 sous, ne mène pas loin que la première semaine du salaire encaissé.

Il était une fois le dinar…pourrait-on chanter. Monnaie qui valse à la moindre difficulté économique.

Planche à billet, dépréciation constante du dinar sur le marché officiel et parallèle, des milliards pour s’acheter un logement, un bon paquet pour s’acheter une voiture…une subite odeur de caveau entoure depuis longtemps le dinar. Il est presque salpêtre…et assignat maudit.

Billet orné des six historiques récemment,( celui de 2000 dinars) le dinar s’imprime depuis quelques sur les catacombes de nos errements.

La planche à billet , nouveau théâtre d’ombre, où dansent déjà les fantômes d’une impasse économique démoralisante, nous mènera là, où beaucoup de pays n’en sont jamais revenus, disent les gourous pessimistes des sciences financières.

La monnaie est une éthique avant d’être un billet, disent les Keynésiens. Mais ça c’est une autre histoire.

La Nation, 06/09/2021