Union du Grand Maghreb : Le rêve différé

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L’Union du Grand Maghreb stagne et sa réactivation est de nouveau remise aux calendes grecques, après la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc.

L’animosité historique du royaume qui s’est confirmée au fil des années à travers ses actions aussi hostiles que malveillantes à l’égard de notre pays n’a comme seul résultat que de compromettre l’avenir de cette organisation.

L’Union s’est, d’ailleurs, transformée en une entité administrative protocolaire, menacée de disparition, après la recrudescence des tensions entre Alger et Rabat.

Si pour certains l’espoir d’unification de millions de Maghrébins est invincible, pour d’autres, il est difficile de s’accrocher à cet idéal, alors que l’Union est dans un état léthargique prolongé. L’organisation n’a pu, en effet, depuis 1994 tenir aucun sommet économique réunissant les cinq pays.

L’annonce de la création de l’Union du Maghreb arabe (UMA), le 17 février 1989, fut un moment historique pour les peuples de l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Libye et la Mauritanie qui avaient toujours espéré unir leurs forces économiques qui se complètent.

Tout y concourait : un relief favorisant des échanges humains, une langue commune et un fonds de croyances et de traditions communes.

Les populations du Maghreb ont vu, par-delà les vicissitudes de cette histoire elle-même, le sentiment de leur unité spécifique s’affermir et se consolider.

Ce rêve d’intégration sur le modèle de l’Union européenne est, désormais, dans une impasse et l’espoir de voir l’Union maghrébine se concrétiser s’amenuise au vu des différends qui perdurent entre les pays voisins les empêchant de converger vers un projet unique.

Car, outre les tensions aiguës qui existent entre l’Algérie et le Maroc, le reste des pays du Maghreb sont confrontés à de nombreuses crises politiques, économiques et sécuritaires.

Devant cette situation complexe, beaucoup espèrent voir à l’avenir ressurgir une nouvelle réflexion constructive de l’idée d’unité nord-africaine.

Mais au-delà de l’obligation pour les cinq pays d’avoir un objectif commun, ce projet a besoin de paix et de la libre circulation des personnes. Des éléments qui ne sont toujours pas réunis dans la région. L’émergence d’une telle force régionale constituerait, en somme, la pierre angulaire pour relancer les initiatives de coopération et d’intégration auxquelles aspirent les populations nord-africaines depuis leur indépendance.

Le chef du Conseil présidentiel libyen, Mohamed El Manfi, a appelé, dans ce sillage, à la reprise des réunions de l’UMA. El Manfi a souligné, lors de sa rencontre avec le chef de la diplomatie mauritanienne, «l’importance d’activer l’Union du Maghreb arabe et de soutenir ses institutions», ajoutant que «la Libye fera tout ce qui est en son pouvoir pendant la période actuelle pour atteindre cet objectif, en coopération avec les frères en sa qualité d’actuel président de l’Union».

Dans cette optique, le président tunisien a exprimé sa volonté de voir les réunions de l’UMA qui on été suspendues à différents niveaux relancées.

Horizons, 29/08/2021