Les propos d’Albares sur le Maroc, l’Algérie et le Sahara

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Le ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Albares, a accordé une interview au journal La Vanguardia. Voici les questions et réponses concernant le Maroc et le Sahara Occidental:

Et en plein milieu de la question de l’Afghanistan, le roi du Maroc envoie un message de réconciliation avec l’Espagne.

Nous avons apprécié ces propos du Roi du Maroc car ils véhiculent une volonté de dialogue fondé sur la confiance mutuelle, ce que nous souhaitons. La diplomatie demande de la patience et des temps lents. Je le répète depuis que j’ai été nommé ministre et il me semble que c’est devenu clair. Nous sommes confrontés à des signes encourageants.

Pourtant, trois jours après le discours du roi Mohamed VI, l’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc. La tension entre les deux pays étant évidente depuis des semaines, il semble que le Maroc ait voulu anticiper la rupture algérienne en rétablissant des lignes de dialogue avec l’Espagne.

L’Espagne souhaite entretenir de bonnes relations avec ses partenaires les plus importants et souhaite également que ces partenaires entretiennent les meilleures relations possibles les uns avec les autres. Et quand nous partageons la même région du monde comme la Méditerranée occidentale, nous le voulons encore plus. Nous souhaitons contribuer à un climat de calme, de tranquillité et de bon voisinage. Ce sera toujours notre objectif en Méditerranée occidentale, aussi bien avec le Maroc qu’avec l’Algérie.

Cette fois ce ne sera pas facile d’être en bons termes avec le Maroc et l’Algérie à la fois.

Nous avons toujours eu une relation extraordinaire avec les deux pays. Les deux sont des partenaires très importants pour nous. Les deux sont des pays amis. Ce sont deux grands pays. Nous travaillerons pour comprendre.

L’Espagne va-t-elle modifier sa position sur le Sahara occidental ?

L’Espagne travaillera toujours dans le cadre des Nations Unies. La relation entre le Maroc et l’Espagne est un réseau riche et large d’intérêts de toutes sortes. C’est l’un d’entre eux et il y en a beaucoup d’autres. Il faut voir la relation entre l’Espagne et le Maroc dans toute sa globalité.

Avez-vous discuté de la question du Sahara ces derniers jours avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken ?

Eh bien, je ne vais pas révéler le contenu de mes conversations avec mes homologues. Je peux vous dire qu’avec M. Blinken nous avons abordé toutes les questions d’intérêt commun, qui sont nombreuses. En ce qui concerne le Sahara occidental, ce qui est important, c’est la centralité des Nations Unies.

En avril dernier, l’Algérie a demandé à l’Espagne d’accueillir M. Brahim Gali, secrétaire général du Front Polisario, gravement atteint du covid. Si vous aviez été ministre des Affaires étrangères alors, auriez-vous accepté cette demande sans en informer le Maroc ?

Je n’aime pas faire de la politique-fiction.

Alger a rompu les relations diplomatiques avec Rabat et envisage désormais d’arrêter l’approvisionnement en gaz du Maroc à compter du 31 octobre, date d’expiration du contrat d’approvisionnement via le gazoduc transfrontalier Maghreb-Europe. Puisque ce gazoduc transporte également la moitié du gaz que l’Algérie vend à l’Espagne, les Algériens utiliseraient la pleine capacité d’un deuxième gazoduc, le Medgaz, qui relie directement l’Algérie et l’Espagne à travers la mer d’Alboran. Cette alternative est insuffisante, ce qui forcerait la mobilisation d’un bon nombre de méthaniers. Une opération logistique compliquée. L’Espagne peut-elle connaître une crise d’approvisionnement en gaz cet hiver ?

Cela fait plusieurs jours que je discute avec nos amis algériens et je pense que les Espagnols peuvent être sereins sur l’approvisionnement en gaz. Ce gouvernement défendra toujours les intérêts de l’Espagne. Nous discutons et analysons la situation avec l’Algérie. Ne nous précipitons pas. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions.