Le Maroc accusé d’entraîner Israël dans une attaque contre l’Algérie

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Alger, 15 août (EFE) – L’Algérie a accusé aujourd’hui le Maroc de lancer des déclarations « fallacieuses » visant à entraîner Israël dans un « aventurisme dangereux » contre son pays, et a déclaré se méfier de ses bonnes intentions quelques jours après que le roi Mohammed VI ait proposé son aide pour soutenir les tâches d’extinction des incendies qui ravagent la région de Kabylie (nord).

« Cet aventurisme dangereux qui mise sur le pire constitue un démenti formel à la prétendue main tendue que la propagande marocaine ne cesse de diffuser de manière abusive et vaine », a déclaré aujourd’hui le ministère algérien des Affaires étrangères dans un communiqué publié par l’agence publique APS, dans lequel il désigne le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, comme le « véritable » instigateur.

À cet égard, il a reproché à Bourita de « tenter d’incorporer, dans sa tentative désespérée de dénaturaliser la question de la décolonisation, comme le conflit du Sahara occidental, un nouvel acteur représenté par une puissance militaire du Moyen-Orient qui continue de rejeter une paix juste et durable avec le peuple palestinien ».

La semaine dernière, l’Algérie a lancé une initiative contre la réintégration d’Israël en tant qu’État observateur au sein de l’Union africaine (UA), la plus grande organisation du continent composée de 54 pays, dont il s’était retiré en 2002. La décision « unilatérale » annoncée le 22 juillet par la présidence de l’UA, malgré le refus de 14 membres, dont l’Afrique du Sud, la Libye et l’Egypte, a dénoncé la diplomatie algérienne.

Le roi du Maroc Mohammed VI a donné l’ordre mercredi de mobiliser deux avions-citernes pour lutter contre la centaine d’incendies qui sévissent depuis une semaine dans le nord de l’Algérie et qui ont fait au moins 73 morts, dont 33 militaires. Cependant, les autorités algériennes n’ont pas encore réagi à cette proposition.

Le 1er août, lors d’un discours prononcé à l’occasion de l’anniversaire de son couronnement, Mohammed VI a déclaré que « la sécurité et la stabilité de l’Algérie et la tranquillité de son peuple sont intimement liées à celles du Maroc ».

Le souverain a déploré « les tensions médiatiques et diplomatiques qui agitent les relations entre le Maroc et l’Algérie, qui portent atteinte à l’image des deux pays et laissent une impression négative », un discours qui contredit les attaques récurrentes des médias marocains, officiels ou privés, contre le pays voisin.

Les relations bilatérales difficiles – depuis la fermeture de leurs frontières terrestres en 1994 – se sont à nouveau tendues début juin après que le président algérien, Abdelmadjid Tebboun, a rendu visite au dirigeant de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et chef du Front Polisario, Brahim Ghali, et a remercié l’Espagne pour son geste humanitaire en l’accueillant après qu’il ait été testé positif au covid-19.