Israël tisse sa toile en Afrique

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L’axe Algérie-Nigeria-Afrique du Sud face au fait accompli

Israël tisse sa toile en Afrique, assurée comme jamais d’avoir placé et activé ses réseaux, là où il le fallait. Ça ne sert absolument à rien de se cacher cette réalité, dont le montage par le Mossad a duré presque un demi-siècle.

Pour le misérable continent, touché par toutes les calamités imaginables et inimaginables, encore sous tutelle, mis à part quelques exceptions, tous les diplomates israéliens, qui avaient pour mission de déblayer le terrain et prospecter, étaient en même temps des agents des services de renseignements. Ça s’est passé comme ça au Maroc, en Mauritanie, en Egypte et au Tchad, pays de Moussa Faki Mahamat, le président de la commission africaine de l’UA, qui a annoncé l’admission d’Israël au sein de l’Union africaine, avec le statut de membre observateur.

Ironie du sort, l’Algérie qui s’est opposée énergiquement à cette « infiltration », s’est retrouvée dans un carré de pays, supposés lui apporter leur soutien, mais dont certains ont déjà normalisé leurs relations depuis des lustres avec l’Etat sioniste, comme l’Egypte, la Mauritanie, la Jordanie, représentée par son ambassadeur à Addis-Abeba, ou encore le Qatar, qui a annoncé avoir rompu avec Israël, mais qui a abrité les Masters mondiaux de judo 2021, avec une forte participation israélienne.

Aujourd’hui, même des pays dont l’indépendance a été parrainée par l’Algérie, à l’instar du Mozambique ou Angola, sont entièrement ouverts aux Israéliens ! Ils sont actuellement plus de 22 pays, dont la Zambie, le Togo, le Tchad, le Soudan du Sud, le Rwanda, la République démocratique du Congo, l’Ouganda, le Malawi, le Liberia, le Kenya, la Guinée équatoriale, la Guinée, l’Ethiopie, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, l’Angola, le Ghana, le Botswana, la Gambie, le Mozambique, le Cap vert et l’Ile Maurice à servir Israël comme des points d’appui pour poursuivre sa pénétration du continent africain, avec la complicité des Etats-Unis et des pays membres de l’Union européenne.

Que reste-t-il à l’Algérie, si des pays, à qui le président déchu a effacé les dettes osent aujourd’hui élever la voix pour défendre l’admission d’Israël au sein de l’UA et en même temps prétendre que cela n’influera pas le soutien de l’Afrique à la cause palestinienne ?

Hier, le président de la commission de l’UA a clamé haut et fort, qu’il n’ « a commis aucun dépassement procédurale et politique ». « Cette décision relève de ma totale compétence, sans être liée par une mesure préalable de procédure quelconque », a-t-il déclaré, fort du soutien des pays sous-traitants attitrés d’Israël. D’ailleurs, il a été obligé de reconnaitre que c’est « sur la base de la reconnaissance d’Israël et le rétablissement des relations diplomatiques par une majorité supérieure aux deux tiers des Etats membres de l’UA, et à la demande expresse d’un bon nombre de ceux-ci en ce sens », que l’admission de Tel Aviv est passée sans encombre.

Une question : que vaut l’engagement du représentant d’Israël au moment de la présentation des lettres de créance auprès de l’UA, à propos de son « attachement indéfectible de l’organisation panafricaine aux droits fondamentaux du peuple palestinien, y compris son droit à la création d’un Etat indépendant ayant comme capitale Jérusalem Est »?

Pressée de tous les côtés d’accepter le fait accompli, l’Algérie est bel et bien isolée et l’Afrique n’a plus rien à espérer ; étant donné que l’empathie et la philanthropie n’ont jamais été au programme des relations internationales.

Mohamed Mebarki

L’Est Républicain, 09/08/2021