Espionnage: Macron demande des comptes au Maroc

ESPIONNÉ LUI ET 15 MEMBRES DE SON GOUVERNEMENT VIA PEGASUS : Macron demande des comptes à M6

Le Maroc a cru bon de faire en appelant Israël à la rescousse au lendemain de la révélation du scandale planétaire Pegasus. Mais la tentative est vaine car les premiers contrecoups de l’opération d’espionnage à grande échelle commencent à lui sauter à la figure. De la part même de ses alliés traditionnels, la France, dont le président Macron, lui-même et quinze de ses ministres, ont été mis sous surveillance via le logiciel espion israélien.

Annoncé en visite à Rabat, le MAE israélien, Yair Lapid, tentera diplomatiquement d’apaiser les tensions. Seulement, l’entreprise n’est pas tant de cet ordre, puisqu’elle franchit les lignes rouges pour tout ce qu’elle porte comme préjudice à la sécurité et à la souveraineté des États, dont les téléphones de hauts responsables ont été ciblés par l’espionnage du Makhzen. On voit mal en effet comment l’entité sioniste, à l’origine même de la conception du logiciel espion appartenant à NSO Group, pourrait faire sortir d’affaire les services du Makhzen de Hammouchi alors qu’elle-même est impliquée !

Après s’être imposé un silence durant la semaine qui suivi les révélations du consortium de journalistes en collaboration avec une quinzaine de rédactions internationales et l’ONG Amnesty, comme pour accorder une sorte de bénéficie du doute au Maroc, le président Français, Emmanuel Macron, a rompu le silence mercredi dernier. L’Élysée ne peut plus se suffire de : « Si les faits sont avérés, ils sont très graves », surtout que d’autres révélations plus poussées, pour ne citer que celles du quotidien « Le Monde », ont démontré par des preuves matérielles et techniques l’opération d’espionnage du Makhzen.

Ainsi, rapporte le journal français dans son édition de jeudi, le président de la République, lors du dernier Conseil des ministres auquel il participait en visioconférence depuis son avion au retour d’un déplacement en Polynésie, a déclaré avoir demandé des comptes au Maroc et à Israël. « J’ai demandé des explications au Maroc et à Israël », cite « Le Monde » qui avance ses propres informations.

Si maintenant le gouvernement français a beaucoup échangé avec son homologue israélien au sujet de l’affaire Pegasus, dont le séjour du ministre de la Défense israélien Benny Gantz en France et sa rencontre fort médiatisée avec son homologue Florence Parly peut attester de ce fait, il n’a pas fait pareil avec les autorités marocaines, du moins pas publiquement. C’est ce que précise le même quotidien. « Si l’entretien téléphonique d’Emmanuel Macron avec le premier ministre israélien, Naftali Bennett, a été confirmé de source officielle, l’Élysée se refuse à tout commentaire en ce qui concerne un échange avec les autorités marocaines ».

En tout cas, il y a fort à croire que s’il reste bavard au sujet de cette affaire, Macron n’entend pas fermer les yeux sur une opération d’espionnage d’État qui l’ait visé lui-même et une quinzaine de ministres de son gouvernement. Pour ce qui est des services israéliens, on sait que les loups ne se mangent pas entre eux, mais s’il est avéré, du point de vue de la France, qu’ils étaient les commanditaires, le Makhzen sera le premier fusible à sauter.
Farid Guellil

Le Courrier d’Algérie, 31/07/2021

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