Libye: Seif al-Islam Kadhafi envisage un retour politique ‎

Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ex-leader libyen Mouammar Kadhafi, entend “restaurer l’unité perdue” de la Libye après une décennie de chaos et ouvre la porte à une candidature à la présidence prévue le 24 décembre prochain.

Après quatre ans d’absence, Seif al-Islam, 49 ans, a déclaré dans une interview accordée au New York Times que “la Libye est à genoux (…), il n’y a pas d’argent, pas de sécurité”, et que l’heure est au retour dans le passé, car selon lui les hommes politiques libyens n’ont “apporté que misère”.

En 2011, après quatre décennies de pouvoir, Mouammar Kadhafi et ses proches sont tombés sous le coup d’un soulèvement populaire, éliminés, emprisonnés ou forcés à l’exil.

Trois des fils Kadhafi ont été tués, mais le sort du quatrième, Seif al-Islam, qui a longtemps fait figure de successeur à son père, est resté un mystère.

Capturé en novembre 2011 par un groupe armé à Zenten, dans le nord-ouest de la Libye, il a été condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès expéditif.

Le groupe le détenant a néanmoins refusé de le livrer aux autorités ou à la Cour pénale internationale (CPI), qui le recherche pour “crimes contre l’humanité”, mais l’a libéré en 2017.

Depuis, sa trace s’est évaporée. Dans sa première rencontre avec un journaliste étranger depuis une décennie, Seif al-Islam a affirmé qu’il était désormais un “homme libre” et qu’il organisait un retour politique, sans indiquer précisément comment.

“Désenchantés par la révolution”, les rebelles qui l’ont capturé ont “finalement réalisé qu’il pouvait être un puissant allié”, a-t-il encore dit dans ce long entretien à l’édition magazine du New York Times.

Après une décennie de lutte pour le pouvoir sur fond d’ingérences étrangères, la Libye s’est dotée en mars d’un gouvernement provisoire chargé d’unifier les institutions d’ici un double scrutin législatif et présidentiel prévu en décembre.

Une éventuelle candidature de Seif al-Islam serait confrontée à un problème de taille: sa condamnation par un tribunal libyen et le mandat d’arrêt de la CPI.

Lui est “convaincu que ces questions juridiques pourraient être négociées si une majorité du peuple libyen le choisissait comme chef”, écrit le New York Times, qui conclut: “Seif semble croire que lui seul peut représenter l’Etat pour tous les Libyens”.

Le Jeune Indépendant, 30/07/2021

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