Algérie-JO : La médaille du retrait

par Madjid Khelassi

Le retrait du judoka algérien des Jeux olympiques de Tokyo, Fethi Nourine, continue d’alimenter les discussions et les prises de positions tant au niveau national qu’international.

Une contribution de l’ancien président du Comité olympique algérien, le Pr Rachid Hanifi, est venue nous éclairer un peu plus, sur le problème de la participation ou non, des athlètes algériens, aux compétitions, dans lesquelles des adversaires israéliens, pourraient se dresser sur la route de nos athlètes .

L’ex président du COA dit en substance : « À la veille des Jeux olympiques de Londres 2012, j’avais saisi par écrit, l’autorité politique du secteur des sports ( le ministre) avec une copie adressée au ministre des Affaires étrangères , pour nous indiquer la position à adopter, m’engageant à la respecter, sous conditions, d’assumer ensemble les conséquences éventuelles, car je considérais que les athlètes retenues pour les jeux ( de Londres) ne représentaient pas le Comité olympique algérien , ni les fédérations, mais l’Algérie. Je n’avais reçu aucune réponse, hormis celle du secrétaire général du MJS, qui n’avait pas les prérogatives pour se prononcer sur les questions politiques , mais qui rétorquait dans la presse, que si le président du COA réclame l’autonomie , il n’a qu’à assumer. Ma réaction fut : puisque les autorités politiques refusent de se prononcer, je rappelle que les responsables des Comités olympiques nationaux sont tenus de respecter la charte olympique ».

Un judoka algérien boycotte les JO de Tokyo pour les raisons que l’on sait. Avant lui, un autre judoka, Meridja, avait bénéficié de la tolérance des pouvoirs publics pour combattre un adversaire israélien, sous condition de le battre, a dit l’ex président du COA.

Imaginons la « Belmadi team » engagée dans un même groupe en phase finale de la coupe du monde que l’équipe de l’entité sioniste?…dit- on dans les discussions des cafés du commerce?

l’Algérie ne peut éternellement jouer à l’autruche et laisser dominer l’initiative individuelle. Le sport doit définitivement être à l’abri des pressions politiques, a conclut le Pr Hanifi.

Charybde de l’idéal sportif et Scylla de l’athlète…le retrait d’une compétition olympique, raconte l’impossible respect des idéaux sportifs quand il sont sous- tendus par la politique, et en même temps, l’évaporation d’une ( possible) médaille devenue un rocher de Sisyphe pour l’athlète. Et si on créait la médaille du retrait?

La Nation, 28/07/2021

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