Algérie – Le Maroc, Israël, la France et nous

Le Maroc, Israël, la France et nous – C’était l’Aïd – Un bac explosif – Les JO sont les JO

par Slimane Laouari

La semaine a été horrible. On connaissait la nature exceptionnelle des relations entre le Maroc et Israël mais on ne savait pas que leurs prolongements belliqueux pouvaient aller aussi loin. Surtout pas jusqu’à compromettre leurs propres intérêts, en s’attaquant à un allié stratégique comme la France.

S’agissant de l’Algérie, ce n’est pas vraiment une surprise, les entreprises de malveillance envers notre pays étant quasiment une «tradition», sinon une seconde nature. On ne va pas revenir sur les faits que tout le monde connaît maintenant et qui tiennent dans l’acquisition du logiciel Pegasus par les services du royaume marocain auprès de leurs amis israéliens, puis son utilisation à des fins d’espionnage contre l’Algérie et la France. Voyons plutôt le premier geste de défense de nos voisins de l’Ouest après ces révélations.

En déposant plainte contre le consortium international Forbidden Stories et l’organisation Amnesty International, l’État marocain adopte la bonne vieille formule «la meilleure défense, c’est l’attaque». En parlant d’un «procès d’intention médiatique, infondé et visiblement créé de toute pièce pour déstabiliser la relation diplomatique profonde entre le Maroc et la France», l’avocat Olivier Baratelli, à l’évidence briefé pour sa ligne de défense, a tenté de réparer ce qui est encore réparable avec la France. Par contre, on aura remarqué qu’il n’a pas parlé de l’Algérie, un pays envers qui l’agression est manifestement assumée. On le savait.

La semaine a été terrible. C’était l’Aïd, on ne pouvait rien contre la marche victorieuse du calendrier que personne ne peut arrêter mais parler de « fête » dans les conditions qui prévalaient dans le pays a quelque chose d’indécent, même si la vie doit continuer.

Des morts, beaucoup de morts, le nombre de contaminations qui explose, des hôpitaux saturés, l’oxygène qui manque et la vaccination problématique. Allez vous «éclater» avec tout ça ! Il y a pire ou plutôt… mieux : ceux qui ont «fait la fête» ont été des… brebis galeuses au sens le moins sympathique de la formule. Non seulement parce qu’ils avaient le cœur à festoyer quand d’autres enterrent leurs morts ou angoissent pour leurs malades mais ils constituaient des foyers d’infection qui peuvent aggraver une situation déjà très inquiétante. C’était quand, c’était quoi l’Aïd déjà ?
La semaine a été plus ou moins pénible. Le bac, les résultats du bac et les heureux reçus méritent mieux que ce boucan d’enfer dans un pays qui n’en a pas besoin. Il fait chaud, terriblement chaud, il n’y a pas d’eau et les morts ne se comptent plus. Alors pourquoi ce boucan d’enfer, s’il vous plaît ? N’y a-t-il pas d’autres façons plus élégantes et plus douces de vivre son bonheur que ces concerts de pétards et de feux d’artifice à l’heure de la sieste ? Le bac reste le bac, on sait mais… quand même !

La semaine a été pénible. Les Jeux olympiques n’ont été inaugurés qu’hier mais ça a commencé à jaser chez nous bien avant. D’abord avec ce coup de gueule de Ammar Benyekhlef, médaillé olympique et entraîneur de l’équipe nationale de judo dont la sélection a été abandonnée à Tikjda, sans aucun signe d’attention des instances sportives, le COA et le ministère des Sports notamment. Et puis ces éternelles éliminations sans livrer bataille de nos athlètes qui ont le malheur de «tomber» contre des adversaires israéliens. On peut être pour ce boycott de principe, on peut être contre mais il faudra en parler un jour, non ?

S. L.

Le Soir d’Algérie, 24/07/2021

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