Gonzalez Laya, la pièce sacrifiée pour consoler le Maroc

Selon El Confidencial, la ministre espagnole des affaires étrangères, Gonzalez Laya, a été sacrifiée en vue d’apaiser les relations avec le Maroc.

Dans un article paru dimanche, El Confidencial affirme que Gonzalez Laya « était, pour Rabat, la tête la plus convoitée de l’exécutif espagnol depuis qu’elle a décidé d’hospitaliser Brahim Ghali, chef du Polisario à Logroño ».

« Arancha González Laya, 52 ans, ministre des Affaires étrangères, était devenue la bête noire des autorités marocaines. C’est elle qui, contre son collègue de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a choisi d’accueillir en Espagne, le 18 avril, Brahim Ghali, le leader du Front Polisario, gravement malade du covid », indique le quotidien espagnol.

D’après la même source, elle a été soutenue par le président Pedro Sánchez la ministre, qui a invoqué des « raisons humanitaires », « mais il la sort aujourd’hui du gouvernement pour la remplacer par Manuel Albares ».

« En relevant González Laya, Sánchez fait un geste envers le Maroc, un pays avec lequel l’Espagne est en crise depuis décembre dernier, lorsque le président Donald Trump a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental et que la diplomatie marocaine a commencé à faire pression pour que l’Espagne fasse de même. L’hospitalisation de Ghali à Logroño a encore détérioré les relations bilatérales », relève El Confidencial.

Pour ce média, « la ministre des Affaires étrangères est pour Rabat la pièce à battre du gouvernement espagnol. Non seulement elle a ouvert la porte au Ghali, mais elle a aussi essayé de cacher cette décision au Maroc. Preuve de cette animosité, l’enthousiasme avec lequel l’agence de presse officielle marocaine (MAP) a reproduit, le 2 juin, une déclaration de Teodoro García Egea, secrétaire général du Parti Populaire, exigeant la démission de González Laya pour sa gestion « calamiteuse » des relations avec le Maroc. Ces assauts de la presse marocaine contre González Laya sont révélateurs de l’aversion qu’elle suscite à Rabat.

Le journal relève que « la presse marocaine, avec en tête le journal « Le 360″, le plus proche du palais royal, a reconnu samedi après-midi que le départ de González Laya était un geste d' »apaisement » de la part de Sánchez. « Le départ de González Laya suffira-t-il à tourner la page de la crise entre Rabat et Madrid ? » s’interroge-t-il ensuite. « (…) Les raisons profondes de cette crise continueront à exister, tant que Madrid continuera à ignorer la question », a-t-il répondu lui-même. En d’autres termes, Rabat continue d’insister pour que le gouvernement espagnol modifie sa position sur le Sahara occidental, la rapprochant ainsi de celle de Donald Trump ».

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