Persistance française

La majorité des électeurs français persistent à ne pas voter : 33% de participation au second tour des élections régionales et départementales. Et la minorité qui vote, persiste dans ses choix précédents : les administrations sortantes, de droite ou de gauche, sont réélues. A la grande déception de Marine Le Pen (extrême droite). Et à l’agacement du président Emmanuel Macron qui s’est vanté d’avoir transcendé l’opposition droite-gauche.

Bertrand et Cie

Aucun parti ou idéologie ne pouvait vraiment revendiquer la victoire ce dimanche après le second tour des conseils régionaux et départementaux. Avec un taux de participation de 33 %, dont 15 % chez les jeunes, aucune idéologie ne s’est approchée de 10 % des électeurs potentiels. Le parti de Macron, LRM, n’a même pas atteint les 3%.

Dans cette débâcle générale, la « droite classique », les Républicains et autres, pourrait bien souffler dans sa propre trompette. Le fait que le taux de participation soit nettement plus élevé chez les électeurs plus âgés est très pratique pour la droite.

Dans la plupart des cas, le président sortant est réélu avec brio. Parmi eux, trois candidats à la présidence : Xavier Bertand en Hauts-de-France (nord), Valérie Pécresse en Ile de Franse (Paris et grande région) et Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes (Lyon et très grande région). Seul ce dernier est un membre formel de LR.

Élysée

Mais comme ils ont tous les trois beaucoup de succès, cela ne fera qu’alimenter la lutte interne pour la nomination. Car désormais, tous les trois estiment avoir autant le droit que les autres concurrents d’être le candidat de la droite à l’Elysée. Il y a deux semaines encore, la droite semblait avoir peu de chances de se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle d’avril prochain ; aujourd’hui, elle semble soudainement être une possibilité.

Macron va donc devoir s’agiter encore un peu pour diviser davantage les LR entre les « Macron-compatibles », qui veulent travailler avec lui, et les partisans de la droite radicale. Bien que cette distinction soit parfois difficile à faire. Les postes clés de Macron sont occupés par des vétérans du président de droite Nicolas Sarkozy qui veulent parfois passer devant Le Pen à droite.

Duel incertain

Quoi qu’il en soit, les cartes ne sont pas à la même place après ces élections léthargiques. Et ils ne sont pas bons pour le Rassemblement national (RN) d’extrême droite de Le Pen, car le candidat n’est même pas sûr de voir se reproduire le duel Macron-Le Pen de 2017.

En effet, ce deuxième tour confirme la forte baisse du RN. Mme Le Pen a reproché à ses électeurs après le premier tour de ne pas s’être déplacés et compte sur eux pour le faire en masse si elle est elle-même candidate. Mais aucun sondeur n’ose le confirmer. Car au passage, les instituts de sondage font aussi partie des grands perdants de cette élection.

Au sein de RN, ses détracteurs voient l’occasion d’attaquer sa politique de dé-diabolisation, de normalisation, et de pousser à des positions plus radicales. Surtout maintenant que le prédicateur de haine Eric Zemmour, qui accuse Le Pen d’être de gauche, donne l’impression de vouloir aussi être candidat.

A gauche

A gauche, le PS en particulier fait du bon travail. C’est comme si le « vieux monde » était revenu, celui de l’ancienne polarisation gauche-droite avec le PS au centre de la gauche. En effet, les régents PS sortants d’Occitanie, de Nouvelle-Aquitaine, de Bretagne, du Centre-Val de Lore et de Bourgogne- Franche Comté ont tous été facilement réélus et l’écologiste EELV n’est guère impliqué. Le PS est de nouveau sur pied, du moins localement.

Mais ailleurs, les résultats sont lamentables, la gauche perdant dans deux régions où elle espérait gagner : les Pays de la Loire et surtout l’Ile de France. Cela ne semble pas bon du tout pour le mois d’avril de l’année prochaine. D’autant plus que la gauche, EELV verte comprise, est très divisée.

Le PCF communiste, qui a son propre candidat pour les élections présidentielles, perd son dernier département, le Val-de-Marne. Il perd également quelques cantons dans d’autres départements.

Globalinfo, 04/07/2021

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