Algérie : Syndrome

Le syndrome des feux de forêts pointe à l’horizon d’un été caniculaire marqué par la persistance de la sécheresse. Face à un phénomène planétaire, le désastre écologique et socioéconomique affectant notamment les populations rurales exerçant principalement des activités agropastorales véhicule une menace sérieuse sur l’équilibre de l’écosystème ravagé par les destructions du patrimoine forestier par un colonialisme et aggravé par la persistance des incendies de forêts.

Le constat, établi par le directeur général des forêts, Ali Mahmoudi, est frappant. Chaque année, la perte de 34.000 ha est enregistrée dans un pays à faible taux de boisement (1,76%, soit un total de 4,1 millions d’hectares). Aux aléas de la sécheresse et du réchauffement climatique, le risque de déforestation interpelle sur l’urgence d’une riposte collective associant les autorités compétentes, la société civile et les populations vivant à proximité des forêts victimes des actes de sabotage et du commerce illégal. Car il faut se mettre à l’évidence que si les causes involontaires constituent une cause majeure des feux de forêts, l’acte criminel est également au centre de toutes les préoccupations.

Les scènes tragiques vécues en novembre 2020 ont révélé la responsabilité d’une bande de 19 personnes, réparties en 4 groupes, coupable de déstabilisation confirmée par des enquêtes judiciaires. A l’orée de la saison estivale, la vigilance citoyenne doit impérativement accompagner l’effort de mobilisation tous azimuts engagé par l’Etat et concrètement traduite par les soldats du feu en première ligne pour sauver des vies humaines et préserver l’écosystème en danger de disparition.

Un dispositif, renforcé par des équipements adéquats (colonnes mobiles, unités d’intervention territoriales et hélicoptères), a été mis en place pour conforter le processus de lutte et de prévention rendu accru par la persistance de la sécheresse constatée dans plusieurs régions du pays. Mais fondamentalement, la relance du Barrage vert à l’arrêt depuis plusieurs années, permettant de porter la superficie de 3,7 à 4,7 ha, est l’alternative à la déforestation aux conséquences désastreuses pour la vie économique et sociale.

Horizons, 03/07/2021

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