L’indépendance : un acquis historique et précieux

L’Algérie célèbre demain l’anniversaire de l’indépendance. Cela n’empêche pas que les relations entre l’Algérie indépendante et l’ancienne puissance coloniale ne sont pas ce qu’on voudrait qu’elles soient. Cinquante neuf ans après la fin de la guerre de libération et malgré d’innombrables témoignages sur les méfaits de la colonisation, l’Etat français continue à voir cette même guerre comme un fait presque anodin. En fait, c’est ce qu’ils veulent faire croire.

En réalité, tous les dirigeants français, quelque soit leur couleur politique, savent très bien que pour refonder des relations, il faut solder le passé. Entre l’Algérie et la France, il n’y a pas eu qu’une petite guerre coloniale. Le peuple algérien était victime d’une entreprise d’acculturation, une tentative d’extermination pure et simple. Un véritable crime contre l’humanité a été commis en Algérie. Il serait temps que la France reconnaisse cette vérité historique et s’en repend.

Malgré ce déni historique, la France tente un retour dans l’économie algérienne en déployant un drapeau blanc du «gagnant-gagnant». Le président Macron a compris le poids de l’Algérie, mais les lobbies colonialistes français l’obligent à ne pas voir l’histoire en face. La réponse du président Tebboune est sans équivoque. Dans le « gagnant-gagnant », il y a une dimension historique à prendre en compte.

A voir la lourdeur du passé commun, l’on ne peut que faire un constat malheureux, surtout lorsqu’on s’appuie sur les discours des uns et des autres. En effet, formellement, les dirigeants des deux nations disent leur volonté de refonder les relations politiques, économiques et culturelles, aux fins de construire de nouvelles passerelles et instaurer un climat dépassionné et de coopération mutuellement profitable.

Force est de constater que ce genre de propos n’ont pas connu une concrétisation sur le terrain. Si du côté algérien, on affiche clairement l’ambition du pays, celui d’assumer pleinement le passé, pour bien avancer avec son partenaire, dans l’Hexagone, par contre, ce sont les tergiversations qui font l’essentiel de l’attitude des officiels.

Reconnaissant mollement l’aspect odieux du système colonial, les responsables français donnent l’impression de vouloir tirer leur épingle du jeu, dans une vaine tentative de mettre la victime et le bureau dans le même sac.
Cela étant dit, les Algériens connaissent leur histoire, leurs souffrances, la magnificence de leur révolution et n’attendent rien de la France. Ils ont vaincu un colonialisme de peuplement. Cela personne ne peut leur enlever.

Par Nabil G.

Ouest Tribune, 04/07/2021

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