Algérie : Le grand chantier de la confiance

Le prochain gouvernement devra songer à lancer une véritable opération marketing politico-sociale.

Mohamed OUANEZAR

Le gouvernement sera-t-il entièrement partisan? Les indépendants seront-ils intégrés dans la prochaine équipe gouvernementale? Autant de questions qui restent sans réponses, en tout cas pour le moment? Mais pour d’autres concitoyens, plus portés par l’analyse de la chose politique, les préoccupations sont ailleurs. En effet, ils sont de plus en plus nombreux ces Algériennes et Algériens à exprimer leur ras-le-bol vis-à-vis de la manière dont sont gérés nombre de portefeuilles ministériels. Les réseaux sociaux sont saturés de critiques, de vidéos, de scènes mettant en exergue des ministres en visites ratées, de walis furieux contre des femmes revendiquant des logements, des jeunes réclamant davantage de dignité, du travail, un mariage, etc. Ou encore des déclarations de hauts commis de l’Etat, perçues par le commun des mortels comme étant provocantes. Des faits qui renvoient à un seul constat.

L’une des grandes priorités du prochain gouvernement sera de rétablir les ponts avec le citoyens, reconstruire la confiance avec les Algériennes et les Algériens. Oeuvrer à dépasser le seuil des 23% du taux de participation. Ce sera «la priorité» du prochain gouvernement, qui devra prendre en considération les aspects d’une démocratie participative à ériger en véritable mode de gestion future, comme cela est le cas dans plusieurs pays de l’Occident et au Canada, notamment. Bien évidemment, le rétablissement de la confiance réclame un travail en résilience et en systémique, impliquant une stratégie globale avec une feuille de route claire et hardie.

Les nouveaux ministres dont les profils seront, souhaitons-le, pointus et adaptés aux attentes actuelles ne doivent pas craindre le citoyen, s’ils veulent réussir dans leurs secteurs respectifs. D’où l’impératif de développer une meilleure communication sociale et politique et d’en maîtriser les contours. Pour ce faire, le prochain gouvernement doit réfléchir à élaborer et à lancer une véritable opération marketing politique et sociale en direction de la société algérienne, noyée dans des difficultés, somme toute, surmontables au demeurant. Quitte à organiser des assises citoyennes autour de différentes problématiques considérées, à juste titre, comme primordiales aux yeux des citoyens.

Ce sont là quelques pistes à suivre, en guise de contribution citoyenne, loin des surenchères politiciennes, des vendeurs de désespoir, et ces intellectuels qui broient du noir partout, sans pouvoir assumer leur rôle d’élite, censée mener à bon port une société en proie à des vicissitudes et des menaces bien réelles. Mais en attendant, on devra se contenter des volte-face de Makri et de sa formation.

S’il est vrai qu’en exercice démocratique, le MSP a parfaitement le droit de se positionner en dehors de la cohésion politique parlementaire. Seulement, en temps de guerre, l’on se doit d’enterrer sa hache de guerre et de partir en patrouille les rangs serrés. Dans ce cas de figure, le MSP donne le mauvais exemple. Tel un enfant gâté, il réclame plus et mieux, sinon il ne mange pas, ne s’assied pas, ne révise pas ses leçons. Et c’est le cas de le dire. Après avoir «cautionné» une opération politique, assurément déterminante et décisive, il change encore le fusil d’épaule. Une surenchère politicienne qui n’est pas étrangère au parti islamiste de Makri qui, sans doute, visait plus haut et plus grand. Mais, la situation politique étant telle, que le parti islamiste doit faire prévaloir les intérêts de la nation, sur ceux de sa formation politique. Car, en définitive, personne n’est dupe, encore moins le citoyen. Faut-il le rappeler, l’ex- Hamas est l’une des formations qui a été au centre de vives critiques et appréhensions, de la part du Hirak.

Aux yeux de millions d’Algériens sortis protester contre le régime d’alors, le MSP constitue l’un des symboles de l’ancien système, puisqu’ayant contribué à différents gouvernements sous Bouteflika. Makri lui-même avait été chahuté et évincé des marches du Hirak à Alger. Cherche-t-il alors à offrir une nouvelle virginité politique à sa formation, en boudant le nouveau gouvernement? Pourquoi avoir accepté de se rendre à El Mouradia alors, tout en laissant planer le suspense autour de sa participation au prochain gouvernement?

D’aucuns demeurent convaincus que le flambeau doit être remis à qui de droit, sinon on serait encore face à cette phrase cinglante du Hirak «tout ça, pour ça»? À bon entendeur…

L’Expression, 01/07/2021

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