Pour un examen de l’accord commercial UE-Maroc

En février 2012, le Parlement européen a approuvé le renouvellement de l’accord agricole avec le Maroc, qui impliquait la libéralisation du commerce de tous les produits agroalimentaires, à l’exception de ceux que l’Union européenne considère comme « sensibles » pour le maintien de l’économie agricole. L’un de ces produits « sensibles » était la tomate. Malgré cela, l’accord prévoyait une augmentation du quota de ces produits sensibles que le Maroc pouvait vendre à l’Europe.

Dix ans après la signature de cet accord, il est temps d’exiger de toutes nos forces une révision urgente de cet accord, dont les résultats ont gravement porté atteinte aux intérêts des agriculteurs de pays comme l’Espagne, l’Italie et la France.

Le scénario auquel nous sommes arrivés aujourd’hui peut se résumer à une concurrence déloyale et à une fraude à la consommation. C’est ce que subissent les producteurs de tomates d’Almeria, qui ont enregistré des pertes de plus de 25 millions d’euros au cours de la dernière saison. Des chiffres insupportables que nous ne pouvons admettre car ils mettent gravement en péril le modèle de production familiale de milliers d’agriculteurs.

L’organisation agricole ASAJA a organisé des réunions avec tous les groupes parlementaires du Parlement européen pour faire part de ses préoccupations et exposer les problèmes découlant de l’accord de coopération commerciale. Tous ont montré leur volonté de faire front commun pour construire une position espagnole unie et cohérente lors de la défense du secteur dans les forums européens.

En outre, en tant que membres du COPA-COGECA, nous avons obtenu que cette association d’organisations agricoles européennes prenne en charge nos revendications et envoie une lettre au commissaire au commerce de la Commission européenne, Valdis Dombrovski, dans laquelle sont exposés les problèmes que connaît le secteur de la tomate dans notre pays en raison de l’accord commercial UE-Maroc.

Dans cette lettre, nous demandons instamment à la Commission de réaliser une étude exhaustive sur l’impact de l’augmentation des quantités de fruits, de légumes et de tomates européennes importées sur la détérioration de la situation économique des zones rurales européennes.

Nous ne pouvons pas oublier l’impact que la sortie du Royaume-Uni de l’UE a eu sur le marché européen. Le marché britannique a été la destination de plus de la moitié des exportations européennes de tomates. Cependant, après la sortie du Royaume-Uni de l’UE, les quotas de l’accord UE-Maroc n’ont pas été renégociés. Le départ de 66 millions d’habitants de l’Union européenne est une raison suffisante pour que les contingents tarifaires soient réduits, comme cela a été le cas pour le Japon.

Nous insistons sur la nécessité de mettre en œuvre de nouvelles dispositions qui réduisent les avantages concurrentiels qui existent actuellement par rapport aux méthodes de production du Maroc. Il serait également opportun que le prix de référence d’entrée des produits soit actualisé car le prix actuellement en vigueur a été fixé il y a 20 ans.

Et je ne veux pas oublier la décision européenne selon laquelle le Maroc ne peut pas exporter de produits du Sahara dans le cadre de l’accord entre l’UE et le pays africain.

Il est nécessaire que la Commission européenne propose d’activer les clauses de sauvegarde et d’allouer une compensation aux zones rurales européennes qui ont été lésées par l’accord.

Depuis ASAJA, nous continuerons à travailler pour obtenir la révision de l’accord commercial et nous continuerons à prendre des mesures fermes pour défendre les producteurs de tomates d’Almeria car, si nous ne renversons pas la situation, elle pourrait bientôt s’étendre à d’autres produits. Il s’agit de défendre la survie de nos producteurs de tomates, pas d’aller contre qui que ce soit. Nous exigeons un accord équitable, assorti de garanties et dont le respect est contrôlé par l’Union européenne.

C’est notre engagement envers les producteurs de tomates et les autres agriculteurs et vous pouvez être sûrs que nous allons y laisser la peau pour défendre leurs intérêts.

Agroinformacion.com, 29 juin 2021

Etiquettes : Maroc, UE, Union Européenne, accord commercial, partenariat Maroc-UE, fruits, légumes, tomates,