Maroc-USA : Les vérités d’un tweet très bref

Selon le professeur Mohamed Cherkaoui, le tweet du Secrétaire d’État Américain Anthony Blinken, « résume les paramètres actuelles sur les relations maroco-américaines, ce qui est une une référence claire à l’intérêt porté par l’administration Biden aux arrestations, aux verdicts judiciaires et aux trébuchements du parcours de la justice dans les questions du Hirak rifain et les journalistes Bouachrine, Raïssouni, Radi et les autres, ce qui touche à l’image du Maroc et à ses relations avec les capitales occidentales ».

Dans un article posté sur le portail Lakome2, M. Cherkaoui a relevé « l’absence de l’expression « notre partenariat stratégique » mentionné dans le communiqué de la Maison Blanche en 2002 ainsi que la référence au « dialogue stratégique » qui était le titre des relations maroco-américaines au cours des six dernières années ». A leur place, on trouve l’expression « droits de l’homme, y compris la liberté de presse », indique-t-il.

« La rencontre entre Bourita et Blinken n’a pas traité le sujet de la « reconnaissance » de la marocanité du Sahara par les Etats-Unis ni de l’annonce d’une date pour l’ouverture du consulat américain « promis » à Dakhla », ajoute la même source.

M. Cherkaoui souligne que « Blinken ne fait plus les louanges de la « normalisation » et ses avantages à la faveur des relations entre Israël et le Maroc, après que ce dernier a laissé tomber les Accord d’Abraham » ainsi que l’absence de toute référence à la reconnaissance de la marocanité du Sahara Occidental par Donald Trump ainsi qu’à « la date de construction du consulat américain « promis » à Dakhla.

« Blinken n’a pas non plus mentionné la position de la coopération en matière de renseignements et de lutte contre le terrorisme ou les manœuvres militaires conjointes, ni ce que Rabat considère comme un centre de coopération avec Washington, mais il a insisté sur notre intérêt commun dans la paix, la stabilité régionale et les droits de l’homme, y compris la liberté de la presse », affirme-t-il.

Pour lui, « les priorités de Washington ne sont pas venues dans cet ordre par hasard, mais pour marquer les différences entre le gouvernement Biden et celui de Trump. La philosophie des droits de l’homme est devenue l’un des piliers de la nouvelle politique étrangère américaine, aux côtés du réalisme politique, que ce soit vis-à-vis de la Russie et considérant la question de l’arrestation de l’opposon Alexei Navali parmi les raisons d’imposer des sanctions américaines à huit personnalités faisant partie de l’entourage du président Poutine au Kremlin, ou contre le président iranien élu Ibrahim Raïssi, dont le nom se trouve sur la liste des sanctions américaines ».

Etiquettes : Maroc, Etats-Unis, Sahara Occidental, droits de l’homme, liberté de presse, Joe Biden, Anthony Blinken, Omar Radi, Soulaiman Raïssouni, Taoufik Bouachrine,