Algérie : Il y a Wali et wali

par El Yazid Dib

Le seul avantage qu’ont Tebboune et Beldjoud Ministre de l’intérieur, c’est leur parfaite connaissance du profil idéal de leur personnel préfectoral. Ils savent bien ce que valent des walis par rapport à d’autres. De par leur expérience devenue, cœur de métier, les exigences du poste, l’esprit de débrouillardise en cas d’impasse; ils savent aussi différencier la mollesse et la compréhension au vol, la fuite et la feinte. Il y a de ces walis qui s’habillent de ces faux sourires, de ces belles emphases enlevées au biceps d’un désir de paraitre meilleur que le prédécesseur. Un sourire n’est pas une empreinte de compétence ; Il n’est qu’une échappatoire déguisée en mauvaise galanterie et érigée comme mode de gouvernance locale. Une comédie managériale.

Un wali qui ne bat pas le pavé, qui ne fait même pas un tour, à pied dans le périmètre tant de sa résidence que de son siège, est un wali de paperasse. Car parfois c’est dans ses alentours ou un peu loin de ses parages qu’existent des signes d’insalubrité urbaine, des clôtures aveugles, des monticules inertes, des rues défoncées, une municipalité boiteuse, une APW figée etc.

Une page Facebook ne vaut rien si elle ne sert que de devanture fallacieuse à un semblant de communication beaucoup plus qu’elle se présente en vitrine d’exhibition. L’interaction est inexistante. On se donne seulement l’air du temps et dire qu’on est à la page. Les commentaires sont l’expression anonyme d’une doléance collective. Ces pages officielles ressemblent à des murs de lamentations et là, on a l’impression de parler vraiment à un mur. Aucune réaction.

Si une promesse devient peu après un mensonge, c’est que l’honneur de servir l’Etat n’est qu’une honteuse abdication, voire une indignité. «La parole» donnée de par et chez certains ne tombe que dans l’oreille de ceux qui croient encore au père-wali.

Des manœuvres trop populistes maintenant connues de tous et à défaut de réflexion, font le menu du jour. Prendre un fanion et le secouer comme un juge de touche, se disant donner le coup d’envoi à n’importe quelle action qui pourrait se faire sans ce folklore qui n’ébahit d’ailleurs nul autre que ceux qui sont autour ; est une image d’un album à déchirer. Miteux, mesquin, imposteur, frigide, modique, est ce mode de gestion. A qui voudrait-on faire croire que ce wali agitateur, faux calme est entrain d’œuvrer ?

N’est pas wali n’importe qui à n’importe quelle wilaya. Paralléliser le gabarit de la personne à l’envergure de la wilaya devait être l’un des premiers paramètres sélectifs. Une mégalopole n’est pas une commune d’une zone d’ombre.

C’est dire directement que la fonction du wali doit être reconceptualisé totalement. Le pays n’a pas besoin de carriéristes, qui viennent se vautrer sur le sofa de la république une fois atteint «el wilaya» oubliant outrageusement leur provenance ou leur indigence statutaire. Le pays n’a pas uniquement des chefs de daïra à promouvoir à de tels postes. Il n’y a pas d’exclusivité matricielle.

Le Quotidien d’Oran, 27 juin 2021

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