Algérie : Représentativité et équité (Edito du Moudjahid)

Dans une semaine, au plus tard, la validation par le Conseil constitutionnel des résultats provisoires des élections législatives constituera l’ultime étape pour la consécration de la démocratie parlementaire. La remise à niveau institutionnelle doit être appréciée à sa juste mesure, au regard de la complexité de la crise multidimensionnelle léguée par un régime pourri. Elle l’est également dans le bond qualitatif de l’Algérie nouvelle acquise à une représentativité réelle des élus, loin de la manipulation des urnes, de l’influence de l’argent sale, de toute forme de diktat d’une minorité et du chantage des derviches tourneurs.

De bout en bout, le processus électoral a été mené en toute transparence par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) et, en dernier recours, contrôlé, en vertu de l’article 211 de la loi électorale, par le Conseil constitutionnel, selon les normes requises de l’équité et de la neutralité. L’avancée est donc bien réelle. Elle est confortée par le verdict des urnes qui a définitivement rompu avec la logique des quotas et validé la formation d’un nouveau paysage politique débarrassé du clientélisme et de la logique rentière qui ont jusque-là prévalu.

La réalité électorale indique clairement le choix de la classe politique dominée par les 5 partis à forte représentativité (FLN, MSP, RND, El-Moustakbel et El-Binaa), et, dans une moindre mesure, par les 6 autres partis (Bonne gouvernance, Voix du peuple, El-Adala, El-Fajr el-Jadid, Front de l’Algérie nouvelle et El-Karama), présents au Parlement avec 3 à 1 députés. Cette transformation en profondeur se dote d’un consensus à statut massif traduit par le respect du verdict des urnes et le refus de toute contestation jusques et y compris par celui-là même qui a tenté d’influer sur les résultats et se déclare, aujourd’hui, partisan d’une participation au nouveau gouvernement.

La lame de fond a tracé les contours de la nouvelle Algérie aux couleurs d’une élite compétente et jeune représentée par le courant des indépendants, érigé en 2e force politique, et des universitaires. En allié majeur du changement, la société civile et la jeunesse ont certainement leur mot à dire pour consolider les bases de la nouvelle gouvernance et contribuer à la relance économique. C’est assurément ce défi qui interpelle le nouveau gouvernement, à majorité présidentielle incontournable et ouvert à toutes les forces acquises au programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, attaché à privilégier la voie du dialogue et de la concertation.

EL MOUDJAHID, 22 juin 2021

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