Côte d’Ivoire: Retour de Gbagbo, une chance pour la paix

Supporters hold a poster reading in French "President Laurent Gbagbo arrives for a true reconciliation of Ivorians" during a rally for the departure of a "caravan of peace and victory" in prelude to the reception of Gbagbo in his home town of Mama, in Gagnoa on June 13, 2021. - Ivory Coast's former president, Laurent Gbagbo, returns home next week after almost a decade in which he was tried and acquitted of crimes against humanity at the International Criminal Court. (Photo by SIA KAMBOU / AFP)

-Le gouvernement accepte le retour de Gbagbo
-L’ancien président arrive de Belgique après l’acquittement de la CPI.
-L’ancien président arrive en Belgique après son acquittement par la CPI -Les espoirs de réconciliation dans une nation divisée augmentent

ABIDJAN, 15 juin (Reuters) – La Côte d’Ivoire se prépare au retour de l’ancien président Laurent Gbagbo jeudi, un événement dont ses partisans et le gouvernement espèrent qu’il contribuera à apaiser les tensions qui pèsent sur le pays depuis son arrestation il y a dix ans.

Depuis la confirmation de son retour le 31 mai, les partisans achètent des souvenirs du parti tels que des écharpes, des pochettes et des vêtements à l’effigie de Gbagbo dans le quartier de Yopougon à Abidjan, considéré comme son bastion politique.

Le gouvernement du président Alassane Ouattara, qui s’était initialement opposé à ce que le parti de Gbago annonce la date de son retour sans autorisation officielle, a accepté ce plan dans le cadre des efforts déployés pour apaiser les tensions.

Gbago doit arriver jeudi sur un vol commercial en provenance de Bruxelles.

« Sa présence va réconcilier les Ivoiriens. Il vient donner à la Côte d’Ivoire la paix qui lui fait défaut », a déclaré à Reuters Guy Besson, secrétaire national du Front populaire ivoirien, le parti de Gbagbo.

M. Gbagbo a été président de la première nation productrice de cacao au monde de 2000 jusqu’à ce qu’il soit arrêté après son refus de reconnaître sa défaite électorale face à M. Ouattara en 2010, ce qui a entraîné une guerre civile qui a fait 3 000 morts.

Il a été extradé en 2011 vers la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, où il a été inculpé de crimes contre l’humanité liés au conflit postélectoral.

Gbagbo a nié ces accusations, et ses partisans ont longtemps affirmé que ces accusations avaient pour but d’écarter le leader populiste de la scène politique.

Bien que le pays ait trouvé une stabilité relative qui a contribué à alimenter une croissance économique régulière, l’amertume est restée parmi les partisans de Gbagbo, et elle a fait surface lors de l’élection présidentielle de novembre 2020, où au moins 85 personnes ont été tuées dans des affrontements.

Ouattara, dont la décision de briguer un troisième mandat a déclenché une partie de la violence en 2020, a fait des ouvertures pour réconcilier le pays après sa victoire électorale, notamment en permettant à Gbagbo de revenir. lire la suite

« Je tiens à dire que le président Laurent Gbagbo arrivera en Côte d’Ivoire dans un esprit de réconciliation et de paix », a déclaré le porte-parole de Gbagbo, Justin Kone Katinan, lors d’une conférence de presse à Abidjan lundi. « Il veut jouer un rôle majeur dans cette réconciliation ».

Gbagbo, 76 ans, a été acquitté par la CPI en 2019, et en mars, la cour a confirmé cet acquittement. Une ordonnance le confinant en Belgique a été abandonnée.

On craignait toutefois que son retour ne soit compliqué par la condamnation par contumace à 20 ans d’un tribunal ivoirien, en novembre 2019, sur des accusations de détournement de fonds de la banque centrale régionale.

Ouattara a déclaré en avril que Gbagbo était libre de revenir, mais le gouvernement n’a pas dit s’il avait été gracié.

Katinan a déclaré qu’une solution politique serait trouvée à la condamnation lors des discussions de réconciliation et que Gbagbo n’en avait pas fait une condition préalable à son retour.

« En fixant la date du 17 juin, nous faisons confiance à notre partenaire (le gouvernement), pour trouver la formule politique pour gérer cette affaire. Que ce soit maintenant ou après, nous avons confiance, et c’est sur la base de cette confiance que nous avons fixé la date », a-t-il déclaré.

Reuters, 15 juin 2021

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