Maroc : Refus de louer des locaux pour la mission israélienne

Près de six mois après son déploiement au Maroc, le chef de la mission israélienne travaille toujours depuis son hôtel.

Près de six mois après son déploiement au Maroc, le chef de la mission israélienne dans ce pays d’Afrique du Nord travaille toujours depuis son hôtel, car il peine à trouver des locaux pour son bureau.

David Govrin a été nommé chef du bureau de liaison d’Israël au Maroc en janvier après que Rabat ait normalisé ses relations avec Israël à la fin de l’année dernière, devenant ainsi le quatrième pays arabe à le faire au cours des deux dernières années. Les Émirats arabes unis et Bahreïn ont normalisé leurs relations avec Israël en septembre de l’année dernière, tandis que le Soudan a fait de même au début de cette année.

Avant cela, l’Égypte et la Jordanie étaient les seuls pays à avoir signé des traités de paix avec Israël, respectivement en 1979 et 1994.

En échange, l’administration de l’ancien président américain Donald Trump a accepté de reconnaître la revendication du Maroc sur la région contestée du Sahara occidental.

Selon les médias au Maroc ainsi qu’en Israël, les habitants de la capitale Rabat ont refusé de louer à l’émissaire israélien.

« L’agence engagée pour trouver un logement pour Govrin a trouvé une résidence appropriée dans un complexe résidentiel dans un quartier huppé de Rabat, et Govrin a accepté et pensé que l’appartement avait les mesures de sécurité requises », a rapporté la semaine dernière le site web local Assahifa.

« Cependant, le problème était que les propriétaires ont catégoriquement refusé de louer leurs biens au diplomate israélien dès qu’ils ont su qui il était. »

Le journal a cité une source marocaine affirmant que la même chose s’était produite « dans d’autres complexes résidentiels de la région ».

Govrin, ancien ambassadeur en Égypte, est toujours hébergé dans un hôtel de Rabat, précise le journal.

L’annonce de la normalisation des liens avec Israël en décembre avait suscité un tollé au Maroc, où plusieurs manifestations ont eu lieu pour dénoncer cette démarche.

Le Maroc a répondu aux critiques en affirmant que les relations du royaume avec Israël étaient « déjà normales », et que cette mesure équivalait à une « reprise » des liens.

« De notre point de vue, nous ne parlons pas de normalisation car les relations étaient déjà normales. Nous parlons de [re-formaliser] les relations entre les pays aux relations que nous avions parce qu’il y a eu des relations pendant tout ce temps. Elles n’ont jamais cessé », a déclaré le ministre marocain des affaires étrangères, Nasser Bourita, dans une interview accordée au journal Yedioth Ahronoth l’année dernière.

Plus récemment, des milliers de Marocains ont défilé dans les villes du pays pour dénoncer le dernier bombardement israélien de 11 jours sur la bande de Gaza assiégée, le parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement, exigeant la fermeture du bureau de liaison d’Israël. Environ 250 Palestiniens ont été tués tandis que des roquettes tirées depuis Gaza ont tué 12 personnes en Israël.

Les groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Israël pour son « attaque disproportionnée » contre Gaza, qui est soumise à un blocus terrestre, maritime et aérien depuis 2007.

Le mois dernier, la responsable des droits de l’homme des Nations unies, Michelle Bachelet, a déclaré que les attaques israéliennes contre Gaza pouvaient constituer des « crimes de guerre » s’il était démontré qu’elles étaient disproportionnées.

L’organe des Nations unies chargé des droits de l’homme a accepté de lancer une enquête internationale ouverte sur les violations commises pendant le conflit de 11 jours entre Israël et des groupes palestiniens à Gaza, ainsi que sur les abus « systématiques » dans les territoires palestiniens occupés et en Israël.

SOURCE : AL JAZEERA

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