Algérie : Que pensent les Annabis des élections?

Lendemain d’élections à Annaba : Qu’en pensent les citoyens ?

Par : M. Rahmani

Avec un taux de participation avoisinant les 22 %, Annaba se place au-dessous de la moyenne nationale (30,20 %) marquant ainsi une désaffection et une indifférence vis-à-vis de ces législatives pourtant importantes pour l’avenir du pays.

Au lendemain de cette consultation, hier, dans la rue, les commentaires vont bon train, chacun y allant de son analyse pour expliquer cette situation et faire son pronostic quant aux vainqueurs de cette élection qui devra désigner les représentants du peuple à la chambre basse du Parlement malgré ce taux jugé très faible pour une représentation effective.

L’on avance que ce boycott n’est pas tant le fait que l’on ne croit plus aux partis qui sont pour la plupart voués aux gémonies pour avoir trempé dans des affaires et apporté leur soutien à un pouvoir corrompu mais c’est surtout en ces élections elles-mêmes dont on dit qu’elles ne changeront rien à la situation. « On a dépensé –et je l’ai lu quelque part- 880 milliards pour l’organisation de ces élections et on va faire élire 407 députés dans 58 circonscriptions, des élus qu’on va payer au prix fort près de 30 millions de centimes par mois pour un rendement nul. C’est de l’argent gaspillé et jeté par les fenêtres, de l’argent qu’on aurait pu injecter dans d’autres secteurs de développement et cela aurait servi la communauté. » nous dit un vieux qui n’y croit plus et qui visiblement ne veut plus entendre parler d’élections.

Pour d’autres c’est presque la même vision, on voit les futurs députés comme des fonctionnaires qui perçoivent des salaires mirobolants sans compter les avantages inhérents à la fonction de député. « On va les envoyer à l’hémicycle juste pour lever la main sans plus et approuver toutes sortes de lois sans même en prendre connaissance pour certains, on n’en mesure même pas la portée ou l’impact sur le quotidien des citoyens. Pour moi ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas d’opposition réelle qui pourrait faire contrepoids parce que si d’aventure ce sont les indépendants qui auront la majorité dans cette nouvelle APN, il y aura dispersion des voix car n’étant pas structuré dans un parti ou une coalition qui se sera formée, il y aura certainement flottement durant les premiers mois avant que cela ne se décante. Et je pense que cette décantation aboutira à une APN FLN-RND bis avec ces indépendants qui finiront eux aussi par apporter leur soutien au pouvoir en place. Et donc toute cette organisation, ce déploiement de moyens, ces dépenses et cette mobilisation n’auront servi qu’à reproduire la même APN. » nous a confié un professeur à l’Université d’Annaba qui a préféré garder l’anonymat.

Il faut dire que la plupart des gens ont presque la même vision de la nouvelle APN, personne ou presque n’est convaincu que les futurs élus vont vraiment servir le pays et veiller à protéger ses ressources et contribuer à l’effort national de développement. Pourtant certains optimistes voient les choses différemment « Je crois que cette fois, c’est la bonne et je suis sûr qu’il n’y aura pas de trafic, de confiscation ou de détournement des voix et les nouveaux élus pour la plupart d’entre eux sont des universitaires.  » ce sont des nationalistes et ils veulent vraiment faire sortir le pays du marasme dans lequel il se débat, je leur fais confiance et vous verrez que j’ai raison. » nous dit un jeune, universitaire de son état et qui, apparemment, est convaincu que la situation changera du tout au tout avec cette nouvelle APN qui sera installée.

Le Provincial, 13 juin 2021

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