Algérie : Il était…«Urne» fois

« En vrac » par Madjid Khelassi : Il était…«Urne» fois

Les algériens boudent les urnes, raz de marée abstentionniste , Alger à la recherche de votants…Les titres de la presse quotidienne, font à peu près la même «Une», au sujet des élections législatives de ce samedi 12 juin 2021.

Les algériens et l’urne….Vieille histoire pas toujours mémorable et ce depuis l’indépendance. Histoire qui a toujours suscité des quiproquos et malentendus et engendrer des discordes et des leurres.

1962 , Ben Bella est porté au pouvoir via la magie de l’indépendance qui exonéra le premier président de l’Algérie de toute discussion quant à ce plébiscite moral.

1965, Ben Bella est renversé et l’Algérie s’installe dans une mécanique électorale qui échappe au peuple. Boumedienne régna sans se soucier de l’alternance jusqu’à sa mort.

Chadli qui inaugura une sorte d’ouverture ( Infitah disait-on) politique et social, qui permit aux algériens de voyager en toute liberté vers d’autres contrées , gouverna presque avec l’aval du peuple malgré des scores à la soviétique dans les différentes consultations électorales.

Puis vint Zeroual qui claqua la porte d’un pouvoir qui ne lui convenait pas.

Et puis Boutef et re- Boutef pendant 20 ans, avec une urne presque funéraire, tellement toute velléité de contestation électorale fut inexistante .

Février 2019…Boutef est renvoyé par la rue algérienne sans passage par les urnes.

Et Urne…fois n’est pas coutume, c’était le peuple qui démettait le Président .

Hirak , Covid , élection de Tebboune , révision constitutionnelle…L’urne maigrelette comme jamais fut encore la règle d’airain.

Parlement dissous, trouble et état thymique quant à la suite. Campagne de vaccination du peuple et campagne des législatives des postulants.

12 juin 2021, Tebboune déclare -en accomplissant son devoir électoral- : « le taux de participation ne m’intéresse pas, et ce qui m’ importe c’est que ceux qui sortiront de l’urne détiendront la légitimité populaire qui leur permettra demain d’exercer le pouvoir législatif ».

La messe est dite…L’urne, même rachitique prévaudra.

Quid de la future assemblée , de la couleur de ses représentants….mystère et boule de gomme.

La future chambre basse sera- t-elle un patchwork de parlementaires dissertant sur de fugaces épiphanies politiques ? Ou ira-t-on jusqu’à dire : il était…Urne fois , un parlement qui ne représente que lui-même ? Le diable est dans le moindre détail .

La Nation, 14 juin 2021

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