« La France et le Maroc bloquent le dossier du Sahara occidental »

SAID LAYACHI, PRÉSIDENT DU COMITÉ NATIONAL ALGÉRIEN DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE SAHRAOUI : « La France et le Maroc bloquent le dossier du Sahara occidental »

Le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, Saïd Layachi, a dénoncé, hier, les manœuvres du Maroc entravant le processus d’autodétermination du dossier du Sahara occidental. Il cite la complicité de la France avec ce pays dans le blocage de ce dossier au niveau de l’Organisation des nations unies (ONU). Saïd Ayachi a mis à nu les agissements du royaume « chérifien » dans les territoires sahraouis occupés, en violation des lois et des droits de l’homme. Il cite, entre autres les tortures, exécutions des civils, le pillage des richesses naturelles à l’exemple du phosphate, ainsi que l’exploitation des terres dans la production agricole qu’il fournit aux pays de l’Union européenne. Il a appuyé ses propos par les rapports accablants des Organisations non gouvernementales (Human rights watch…) et du Département d’État des USA. L’orateur a relevé que le processus politique engagé par les Nations unies connait un échec. Selon lui, les raisons principales sont « la complicité évidente de la France, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, qui soutient le Maroc dans sa colonisation, ainsi que la timidité du SG de l’ONU à pouvoir faire avancer les choses ». Les « manœuvres » de Paris vont dans le sens de ses intérêts avec le Maroc et favorables à celui-ci pour prolonger son règne dans un autre État. Par ailleurs, Ayachi a déploré l’inaction de la Minurso. C’est une léthargie de la part de cette mission qui « coûte 55 000 dollars mais qui ne fait rien. Elle est qualifiée de police de circulation par les sahraouis », a-i-il commenté.

L’envoyé spécial, une urgence

Le président du Cnasps a fait savoir que l’échec de la gestion de l’ONU est aggravé par l’absence d’un émissaire onusien qui tarde à être nommé depuis deux années, après le départ de tous ceux ayant occupé cette fonction, dont le dernier en date est celui de l’Allemand Horst Köhler, suite aux pressions subies de la part du pouvoir marocain. Il a rappelé, à ce titre, le travail effectué par James Becker ayant abouti à un accord sur un plan d’autonomie pendant 5 ans au profit du Polisario devant débouche sur l’indépendance du Sahara occidental, mais que les autorités marocaines avaient refusé de signer. Cette vacance a entrainé le gel du dossier et le prolongement du statut quo qui arrange le régime du Makhzen, a-t-il regretté. Pour le conférencier, le représentant personnel du secrétaire général de l’ONU est le catalyseur dans la mission de médiation entre les parties du conflit. De ce fait, la nomination d’une personnalité possédant la maîtrise et l’expérience pour mener à bien cette mission est une urgence. Ainsi, l’envoyé spécial pourrait réactiver la Minurso, réinstaurer le cessez-le-feu, enclencher de nouveau le processus de négociation entre toutes les parties concernées et fixer enfin une date pour la tenue du référendum d’autodétermination sous l’égide de l’ONU.

L’Algérie n’a pas de problème avec le Maroc

Revenant sur les relations algéro-marocaines, l’invité du Courrier d’Algérie a affirmé que « notre pays n’a pas de problème avec le voisin marocain », reprenant les propos du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Dans ce contexte, il a rappelé que la cause sahraouie représente le droit d’un peuple à l’autodétermination. C’est une question qui « relève du droit international, sa gestion est assurée par l’ONU depuis le début du conflit ». Et d’ajouter, que l’Algérie qui ne demande que l’application du droit international conformément aux résolutions de l’ONU, adopte, vis-à-vis de ce dossier, une position claire et similaire à celles de plusieurs pays à l’exemple de l’Allemagne, la Grande Bretagne et autres.

Renforcer le front interne

Saïd Ayachi a insisté, enfin, sur la nécessité de renforcer le front interne de notre pays. Il a appelé tous les algériens à dépasser leurs divergences politiques et autres pour s’unir et défendre le pays face au danger de l’alliance du Maroc avec l’entité sioniste, après la décision de normalisation des relations diplomatiques entre les deux parties. Il a qualifié cela de « poison et de menace stratégique pour l’Algérie et pour toute la région du Maghreb ».
Lyes Ayoub

Le Courrier d’Algérie, 10 juin 2021

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