Algérie : Les islamistes se sentent pousser des ailes

Législatives du 12 juin : Les islamistes se sentent pousser des ailes

Le jour « J » se rapproche à grands pas. Plus que quelques jours nous séparent des élections législatives anticipées du 12 juin.

Un scrutin pour lequel les participants ont mené campagne depuis le 20 mai dernier. Aujourd’hui donc à minuit ; et après trois semaines, la campagne électorale prendra fin et les partis ainsi que les indépendants observeront alors le silence électoral jusqu’au samedi prochain. Maintenant que la campagne électorale tire à sa fin l’heure est désormais au bilan en attendant bien sûr le verdict des urnes. Un verdict difficile à pronostiquer et qui risque de réserver de grandes surprises. Lors de la campagne électorale les partis politiques notamment n’ont juré que par la victoire et chacun y est allé de ses arguments pour étayer cette ambition.

Et même les partis fortement associés à la « issaba » déchue, à savoir le FLN et le RND, ne s’avouent pas vaincus, loin s’en faut. En effet, les leaders de ces deux partis, honnis durant le « Hirak » qui a été à l’origine de la chute de l’ancien régime, se montrent des plus optimistes quant au score qu’ils pourraient réaliser lors de ce rendez-vous électoral. Ainsi, si Tayeb Zitouni fait preuve de pondération en ne versant pas dans l’excès d’optimisme ou carrément l’exagération, ce n’est pas le cas de Abou El Fadl Baadji, le secrétaire général du parti du FLN. Tout au long de la campagne électorale ce dernier n’a eu de cesse de clamer haut et fort que son parti, loin d’être mort comme le soulignent nombre d’analystes, sortira vainqueur de ce scrutin. Il est allé même jusqu’à soutenir que « le FLN fera un raz-de- marée et qu’il investira avec force l’APN ». Il justifie cela par le fait que les Algériens restent attachés au vieux parti qui jouit toujours, selon ses dires, de leur « estime ». Il est vrai que certains observateurs, et malgré les vicissitudes connus par ce parti ces derniers temps et la perte de crédibilité auprès d’une partie de l’opinion publique, n’exclut pas l’éventualité de la réalisation d’un score honorable pour ce parti qui sera loin du naufrage que lui prédisent d’autres analystes.

Les partis islamistes seront certainement les plus farouches concurrents du duo FLN-RND. Le courant islamiste, dont tous les partis ont opté pour la participation aux législatives de samedi prochain, ambitionne cette fois-ci de jouer crânement toutes ses chances. Les leaders de ces partis islamistes croient cette fois-ci en leur bonne étoile en supposant que le contexte politique actuel leur est plutôt largement favorable. En effet la perte de crédibilité du FLN et du RND, l’engagement ferme du Président Tebboune quant à la transparence du scrutin et d’autres facteurs aussi, font que les partis islamistes sont largement optimistes, eux qui n’ont eu de cesse de mettre en avant, durant la campagne électorale, que si par le passé ils étaient tout le temps victimes de la fraude électorale, ce ne sera plus le cas puisque le pays traverse une nouvelle ère politique avec l’avènement d’un nouveau régime. Abderrazak Makri, président du MSP, et Abdelkader Bengrina, président du mouvement El Bina, sont, à ce titre, les plus ardents partisans de la thèse de la victoire des islamistes. Chacun d’eux soutient que son pardi va remporter cette élection. Il y a, il est vrai, une bataille interne de leadership dans le camp des islamistes, mais ces derniers visent aussi la victoire finale des législatives.

Par : KAMAL HAMED

Le Midi Libre, 08 juin 2021

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