Algérie : « L’Armée, une réalité positive »

Le président Tebboune : « L’Armée, une réalité positive »

Par B. Chellali

Dans l’interview accordée à l’hebdomadaire français Le Point, le président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune a précisé que l’ANP a protégé le pacifisme du Hirak : l’Armée, une « réalité positive ». Rendant un hommage appuyé à l’ANP, qu’il a qualifié de « réalité positive ayant « préféré protéger le pacifisme » du mouvement populaire, le Hirak du 22 février 2019. Il affirmé que « le poids de l’Armée est une réalité positive. Si nous n’avions pas une Armée aussi moderne et aussi professionnelle, la situation en Algérie serait pire qu’en Libye ou en Syrie ». Il a fait savoir que pendant le Hirak, « certains, y compris dans les rangs de ceux qui se prétendant démocrates, ont demandé à l’Armée d’intervenir », ajoutant que l’ANP « a refusé, préférant protéger le pacifisme du mouvement «. « Si elle avait voulu prendre le pouvoir, elle l’aurait fait. C’était une demande populaire, le peuple l’appelait à faire cesser la comédie du cinquièmement mandât et de la déliquescence de l’Etat, a-t-il rappelé, soutenant que « l’Armée n’a pas pris le pouvoir et ne prendra pas, parce qu’elle est légaliste ».

Le chef de l’Etat a rappelé, à cette occasion, que l’Armée s’est retirée de la politique depuis la fin des années 1980 », et que « l’époque où des officiers de l’Armée siégeant au Comité central du FLN (ex-parti unique au pouvoir) est terminée », soulignant que « l’Armée ne fait pas de politique ».

Alors que le pays tout entier vit des mutations profondes et que des débats intenses mobilisant la grande majorité du peuple algérien autour du processus des réformes politico-institutionnelles enclenchées par la nouvelle Constitution, les propos du Président Abdelmadjid Tebboune conbcernant le rôle de l’institution militaire ont d’abord cette vertu salutaire de balayer les confusions, de bousculer des mythes et de placer l’ANP dans son rôle républicain au service de la nation. S’il doit être fait la part de l’attentisme et des calculs intéressés de certains, l’on doit tout aussi bien relever l’attitude de sérénité et de courage du Haut commandement de l’ANP qui, sans hésiter, s’est dressé pour défendre la stabilité du pays en protégeant surtout le pacifisme du mouvement populaire. L’engagement de l’ANP a accompagné le peuple algérien dans son vouloir pressant au changement a exprimé, en vérité, le surgissement de cette volonté militaire par quoi se définit sa proximité avec les citoyens et avec un mouvement populaire pacifique et vivant. En défendant et soutenant les revendications du peuple, l’ANP n’a fait que proclamer et se réclamer de son statut républicain conformément aux prérogatives qui lui sont assignées par la Loi fondamentale dû pays. Un ensemble de valeurs et d’idéaux qui sont, en vérité, ceux de tout le peuple algérien. Les militaires à quelque niveau qu’ils soient placés, se sont aussi comportés en « partisan » dans l’acceptation la plus nombre du terme : ils ont défendu le « parti du peuple », le parti de la stabilité de l’Algérie, le parti de la démocratie.

Les péripéties vécus par le pays n’ont à aucun moment affecté le symbole et la charge des valeurs et d’histoire dont l’ANP digne héritiére de l’ALN est porteuse. Car ce qui appartient en propre au peuple algérien et ce qui se distingue, c’est son histoire, son système des valeurs, son génie spécifique. Cette richesse, est assumée dans toute sa diversité par l’institution militaire pour affronter victorieusement les défis présents et à venir. L’ANP, au-delà de ce qu’elle représente aujourd’hui, exprime la cristallisation et le moment cathartique de la Déclaration de Novembre 54 dont la genèse et le développement ont pour lieux historiques, idéologiques et politiques ces balises lumineuses que sont, dans la marche contemporaines du peuple algérien : le rêve des Chouhada

Le Maghreb, 06-06-2021

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