Algérie : Tout sur le Hirak, le Mak et Rachad

Tebboune au journal Le Point – Tout sur le Hirak, le Mak et Rachad

Le président Tebboune s’est exprimé dans une interview accordée au journal français Le Point sur nombre de questions intéressant la politique nationale, mais aussi sur les questions se rapportant à l’environnement régional de l’Algérie et les faits saillants qui le marquent. L’espace que constitue cette interwiew aura été opportun pour le Président de trancher net sur les orientations stratégiques sur lesquelles le gouvernement Djerad a mis le cap depuis l’élection présidentielle.

Tout en réfutant les desseins du hirak qu’il a toujours qualifié de béni, mais qu’il trouve aujourd’hui infiltré par des courants en lien avec le terrorisme et autres séparatistes en précisant ne croire qu’au Hirak « authentique et béni » ayant ignoré « le chant des sirènes » qui le poussait à aller vers une période transitoire. « Je n’utilise plus ce mot (Hirak) parce que les choses ont changé», a soutenu d’emblée le Président. « Le seul Hirak auquel je crois est le Hirak authentique et béni qui a spontanément rassemblé des millions d’Algériens dans la rue. Ce Hirak-là a choisi la voie de la raison en allant à l’élection présidentielle (12 décembre 2019. Il a ainsi rappelé que « lorsque les marches, après la présidentielle, rassemblaient encore de 20.000 à 25.000 manifestants à travers le pays », il a été le « premier à tendre la main aux gens du Hirak et à les recevoir ».

Enchaînant dans le même contexte en répondant à une question sur le classement par l’Algérie de Rachad et du MAK (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie) comme mouvements terroristes, le Président Tebboune a indiqué qu' »ils se sont eux-mêmes déclarés tels ». « Rachad a commencé à mobiliser tous azimuts, à donner des instructions pour affronter les services de sécurité et l’armée. Le MAK a tenté d’agir avec des voitures piégées. Face aux appels à la violence, la patience a des limites », a-t-il martelé.

Pour ce qui est du correspondant du journal Liberté à Tamanrasset, arrêté et placé sous mandat de dépôt pour un article de presse, le chef de l’Etat a indiqué qu' »il a joué à tort au pyromane sur un sujet très sensible », qualifiant cela de « très grave ». Le Président est revenu sur la situation du pays avant les présidentielles de décembre 2019, tenant à rappeler « le pays était au bord du gouffre » et qu' »heureusement, il y a eu le sursaut populaire, le Hirak authentique et béni du 22 février 2019, qui a permis de stopper la déliquescence de l’Etat en annulant le cinquième mandat, qui aurait permis à la Issaba, ce petit groupuscule qui a phagocyté le Pouvoir et même les prérogatives de l’ex-président en agissant en son nom, de gérer le pays ». « Il n’y avait plus d’institutions viables, seuls comptaient les intérêts d’un groupe issu de la kleptocratie », a-t-il dit, ajoutant qu' »il fallait donc reconstruire la République, avec ce que cela implique comme institutions démocratiques ».

Revenant sur son absence après avoir été touché par la Covid-19, le président de la République a affirmé que cela n’a pas affecté l’exercice du pouvoir, mais « retardé le programme des réformes ». « Affecté non. Retardé le programme des réformes, oui. Mais nous avons réussi à faire en sorte que l’Etat fonctionne en mon absence. Preuve en est que la réhabilitation des institutions que j’ai entamée avait fonctionné », a-t-il fait valoir. Le chef de l’Etat a, en outre, indiqué avoir pu faire le bilan sur son environnement immédiat et les projets lancés. « J’ai pu faire le bilan sur mon environnement immédiat et les projets que nous avons lancés. Certains ont pensé que c’était le naufrage -et vous savez qui quitte le navire dans ces cas-là-, mais j’ai pu constater, avec fierté, toute la fidélité de l’armée, avec à sa tête le chef d’Etat-major Saïd hanegriha », a-t-il dit, révélant que « nous nous appelions tous les matins ».

Et le Président d’affirmer : »quand le pouvoir est gangrené par les intérêts personnels, il se défend à sa manière. S’attaquer à ce système peut devenir mortel. Très dangereux », a-t-il déploré, ajoutant qu' »une partie de l’administration, censée être neutre et servir les administrés, s’est mise au service des lobbys de la kleptocratie, que l’on appelle à tort +oligarchie+, car il s’agit plutôt d’un groupe de voleurs ».

Pour le Président tous les partis réunis ne totalisent pas 800 000 militants, alors que nous sommes près de 45 millions d’Algériens », a-t-il affirmé, ajoutant que « plus tard, peut-être, lorsque les institutions auront repris leur place et leurs fonctions, libérées du diktat de l’argent sale, on pensera à créer un parti présidentiel.

Synthèse SL

L’Est Républicain, 05 juin 2021

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