Le Sahara Occidental, l’Algérie et la course à la normalisation… avec la France

Un président algérien au chevet d’un président sahraoui hospitalisé est un scénario qu’aucun sahraoui ne pouvait imaginer avant l’avènement d’Abdelmadjid Tebboune. Tout comme le retour à la lutte armée. C’est dire que le Hirak a, carrément, sauvé la cause sahraouie.

Le président Tebboune a critiqué ce qu’il a appelé « la course à la normalisation avec Israël » . Le Maroc a accepté d’y participer en vue de convaincre Washington à renoncer à la légalité internationale malgré son soutien déclaré à une solution basée sur une autonomie élargie. Certes , cette normalisation n’est pas à l’avantage des sahraouis. Cependant, elle a été précédé d’une autre course à la normalisation… mais avec la France. Elle a commencé le jour où Abdelaziz Bouteflika s’est rendu en France pour la première fois en juin 2000 et a déclaré que « l’Algérie veut entretenir des relations extraordinaires, non banales, […] avec la France ». A l’époque, le locataire de l’Elysée n’était autre que Jacques Chirac, le plus grand ami du Maroc de tous les présidents français. Celui-là même qui a déclaré à Mohammed VI qu’il devait « beaucoup » à son père. Le même qui, lors du conflit du îlot du Persil, a soutenu le Maroc contre l’Espagne, un pays européen et membre de l’OTAN.

Dans sa course à la normalisation avec la France, Bouteflika fera de l’Algérie un nouveau membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie, une espèce de françafrique à plus grande échelle. L’obsession française de Bouteflika a rendu le locataire arrogant au point de décider de changer le cours du processus de paix à l’avantage du Maroc. En 2007, Paris, à l’aide des socialistes de Zapatero, présente la proposition d’autonomie pour saper le principe d’autodétermination qui constitue l’essence de la politique étrangère algérienne. L’arrogance des autorités françaises est allé jusqu’à bloquer toute idée de défendre les droits de l’homme au Sahara Occidental et toute tentative de condamner les violations commises par le Makhzen dans les territoires occupés sahraouis. L’Elysée a offert une carte blanche pour mater les sahraouis. Pire encore, les textes des résolutions du Conseil de Sécurité ne sont plus qu’une invitation aux sahraouis pour qu’ils acceptent la solution autonomique.

La course à la normalisation avec la France a fait de ce pays le principal obstacle devant une solution conforme au droit pour un conflit qui dure depuis plus de 45 ans.

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