Sahara Occidental : Dire que Ghali a commis des crimes contre l’humanité est « démesuré » (Juge)

Le juge estime qu’il est « démésuré » de dire que Gali a commis des crimes contre l’humanité

Santiago Pedraz accepte de classer une plainte pour délit de falsification

Le juge de l’Audience nationale, Santiago Pedraz, considère qu’il est « totalement démésuré » d’arrêter le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, ou d' »affirmer » qu' »il a commis d’atroces crimes contre l’humanité » étant donné que pour l’instant seuls certains faits font l’objet d’une enquête sans qu’il y ait d' »accusation » contre lui.

Le magistrat fait ces affirmations dans une ordonnance du 28 mai dans laquelle il accepte de rejeter une plainte pour le délit de falsification d’un document d’identité déposée par le Club des juristes marocains, qui demandait l' »arrestation » de Ghali.

La falsification de document qui lui est attribuée ne relève pas de la compétence de la Cour Suprême (l’Audience Nationale, ndlr).

Pedraz, qui prévoit de faire demain une déclaration au leader du Polisario par vidéoconférence depuis l’hôpital où il est hospitalisé, rejette la plainte étant donné que l’éventuel mensonge allégué n’est pas prévu dans la compétence de l’Audience Nationale.

Mais le juge en profite également pour qualifier d' »incertain » le fait que Ghali soit « poursuivi » pour « actes de torture, enlèvement et suspicion d’avoir commis des crimes de guerre », comme le dit la plainte.

Aucune charge contre Gali

Le magistrat a déclaré : « Certains faits font l’objet d’une enquête qui pourrait impliquer la commission de ces crimes, mais en aucun cas il n’y a d’accusation contre lui, qui jouit à tout moment du droit à la présomption d’innocence ; étant totalement inadmissible de tenter d’arrêter comme d’affirmer que cette personne a commis des crimes atroces contre l’humanité », dit le magistrat.

L’association plaignante, « composée de plus de 500 avocats marocains », s’est adressée au procureur supérieur de La Rioja, à qui elle a transmis « la consternation et l’indignation » ressenties « après l’information » indiquant que Ghali avait été admis « à l’hôpital San Pedro de Logroño avec une fausse identité et en présentant de faux documents d’identité ».

Après avoir reçu la plainte, le magistrat explique dans son ordonnance qu’elle est fondée sur des « informations », sans qu' »il soit établi qu’effectivement ou du moins indirectement, de faux documents ont été utilisés » par Ghali.

Le leader du Polisario, qui est entré en Espagne au milieu du mois dernier pour être hospitalisé par la COVID-19, est convoqué demain pour témoigner par vidéoconférence dans le cadre de deux plaintes pour torture présumée par des membres du Front Polisario contre la population sahraouie dissidente dans les camps de Tindouf (Algérie).

La Vanguardia, 31 mai 2021

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