Tunisie : Kaïes Saïed reconnaît l’existence du document révelé par MEE

Kais Said, président de la Tunisie, admet l’existence d’un complot de coup d’État et révèle de nouveaux détails sur le document ayant fait l’objet d’une fuite | Une nation tweete à contretemps

Le président tunisien, Qais Said, a approuvé implicitement et de la même manière le document publié par le site britannique « Middle East Eye », qui parle d’un coup d’Etat en douceur que ses conseillers ont mis au pouvoir dans le pays.

Qais Saeed et l’aveu franc

Le document comprend les détails d’un plan visant à renverser les institutions légitimes, indiquant, selon un clip vidéo suivi par « Watan », que le document était correct ; Mais il s’en est distancé.

Saeed a parlé clairement du document ayant fait l’objet d’une fuite qui a occupé l’opinion publique en Tunisie depuis sa publication, exprimant son ressentiment face à la préoccupation pour ces fuites.

Saïd a déclaré : « Nous sommes sur le point de créer un ministère des fuites », en référence au grand nombre de fuites qui sortent de temps en temps et qui occupent les Tunisiens.

Mais Saeed a reconnu l’authenticité du document publié par le site britannique, et a déclaré : « Vous recevez le message, et vous devenez celui qui est requis, ce monde est à l’envers ».

Il poursuit : « Vous avez reçu le message et vous devenez celui qui est requis, sans considérer la réponse à ce message (c’est-à-dire la réponse à ce message) … Nous sommes sur le point d’établir un ministère pour les fuites, untel est allé, untel est sorti, et untel a dit. »

Réunion de haut niveau

Les déclarations de Saeed ont été faites lors de sa rencontre mercredi avec le Premier ministre Hisham Al-Mishishi, chargé de diriger le ministère de l’Intérieur au nom du ministère de l’Intérieur, et le ministre de la Défense nationale Ibrahim Al-Bartaji.

Ces déclarations constituent une reconnaissance directe de l’authenticité du document publié par le site britannique et ayant fuité du bureau de la directrice du tribunal présidentiel à Tunis, la ministre Nadia Okasha.

Il date du 13 mai, mais le président n’a pas révélé au premier ministre et au ministre de la défense la source du message, ni qui le lui a envoyé, et a élaboré un plan pour lui permettre d’activer l’article 80 de la constitution.

Ces déclarations constituent une reconnaissance de la part du président qui met fin au débat en Tunisie sur la validité de la fuite de ce document du bureau de la présidence.

Où Saeed admet qu’il a reçu le message et qu’il y avait accès, ce qui met fin au débat dans le pays sur la validité de la fuite de ce document du bureau du ministre Okasha.

Ces déclarations ont soulevé des questions chez de nombreux observateurs quant à l’identité de la ou des personnes qui ont préparé ce plan, l’ont mis dans ce document et l’ont envoyé au bureau de la présidence.

Qais Saeed et un coup d’État contre le gouvernement élu

Plus tôt, le site britannique « Middle East Eye » a révélé des détails et des confidences qu’il a qualifiés d' »extrêmement secrets », contenant un projet de coup d’État que préparent les principaux conseillers du président tunisien, Qais Saeed.

Le journal britannique a déclaré que le plan vise à annoncer un coup d’État contre le gouvernement tunisien élu, après avoir attiré les opposants politiques de Saïd au palais présidentiel et les avoir arrêtés, ainsi que d’autres politiciens et hommes d’affaires de haut rang.

Le site britannique a déclaré que le document qu’il a atteint, daté du 13 mai, était adressé à Nadia Okasha, directrice du tribunal présidentiel.

Le document précise comment le président va promulguer un chapitre de la Constitution qui lui donne un contrôle total sur l’État, en cas d’urgence nationale.

Selon le journal, cela intervient à un moment où le gouvernement lutte contre la pandémie émergente du virus Corona et contre l’augmentation de la dette.

Les détails du coup d’État en Tunisie

Selon le plan, qui a fait l’objet d’une fuite du bureau privé de M. Okasha, le président appelle à une réunion urgente du Conseil national de sécurité dans son palais de Carthage, sous le couvert de la pandémie, de la situation sécuritaire et de la situation financière générale du pays.

Saïd annoncera ensuite une « dictature constitutionnelle » qui, selon les auteurs du document, sera un outil « pour concentrer tous les pouvoirs entre les mains du président de la République », selon le journal britannique.

Le document décrit également la situation comme un « état d’urgence national », en précisant ce qui suit : « Dans un tel cas, le rôle du président de la République est de rassembler tous les pouvoirs dans sa poigne afin qu’il devienne le centre de pouvoir qui lui permet exclusivement de tous les pouvoirs qui permettent son règne. »

Puis, Saeed tend une embuscade aux participants, parmi lesquels se trouvent le Premier ministre Hisham Al-Mechishi et Rashid Ghannouchi, président du Parlement et chef du parti Ennahda, en annonçant qu’il va activer le chapitre 80 de la Constitution qui permet au président de prendre le pouvoir en cas d’état d’urgence nationale.

Le document indique qu’Al-Mashishi et Ghannouchi ne seront pas autorisés à quitter le palais, et que le palais sera coupé d’Internet et de toutes les lignes extérieures.

À ce stade, le président prononcera un discours télévisé à la nation, en présence d’Al-Mashishi et d’Al-Ghannouchi pour annoncer son coup d’État.

Assignation à résidence

Ensuite, le document stipule la nomination du général de division Khaled al-Yahyawi comme ministre de l’intérieur par intérim, et les forces armées doivent être déployées « aux entrées des villes, des institutions et des installations vitales. »

Dans le même temps, des personnalités importantes sont placées en résidence surveillée. Il est indiqué dans le document secret :  » Du mouvement Ennahda … Noureddine Al-Buhairi, Rafiq Abdul-Salam, Karim Al-Harouni, et Sayed Al-Ferjani, et des représentants du bloc Al-Karama, Ghazi Al-Qaraawi, et Sufian Tobal, et des hommes d’affaires Conseillers au bureau du Premier ministre, etc. « .

Le document indique également qu’afin d’accroître l’acceptation populaire du coup d’État, toutes les factures d’électricité, d’eau et de téléphone, l’Internet, les prêts bancaires et les impôts cesseront d’être payés pendant une période de 30 jours, et les prix des produits de base et du carburant diminueront de 20%.

Source : Prime Time Zone, 27 mai 2021

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