Le leader du Polisario accepte de témoigner devant la justice espagnole

Le chef du Polisario admis à Logroño accepte de témoigner devant l’Audience nationale
Brahim Gali comparaîtra par voie télématique devant le juge Santiago Pedraz

Le leader du Front Polisario, Brahim Gali, témoignera par voie télématique devant le juge Santiago Pedraz le 1er juin prochain, comme l’a annoncé Cadena SER et comme l’ont confirmé à EL PAIS des sources proches du mouvement sahraoui. Le chef du tribunal central d’instruction numéro 5 de l’Audiencia Nacional lui avait donné ce mardi la possibilité de faire une déclaration télématique s’il n’était pas en mesure de se rendre à Madrid.

Gali est hospitalisé depuis le 17 avril à l’hôpital San Pedro de Logroño (La Rioja) pour se remettre du covid-19. Il est arrivé dans un avion médicalisé de la présidence algérienne dans un état très grave, avec un passeport diplomatique algérien, et enregistré sous un faux nom à l’hôpital pour des raisons de sécurité.

Le secrétaire général du Polisario, âgé de 71 ans, dont l’état de santé s’est rétabli ces dernières semaines, devra répondre en tant que défendeur dans les procès intentés par le blogueur Fadel Breica, qui l’accuse de torture, et par l’Association sahraouie des droits de l’homme (Asadehd), que le Polisario accuse d’être pro-marocaine, pour les crimes de génocide, de détention illégale ou de disparitions. Jusqu’à présent, Gali n’avait pas révélé s’il se présenterait volontairement devant le juge et n’avait pas signé le reçu de la convocation que les policiers lui ont apportée à l’hôpital.

Pedraz a refusé à plusieurs reprises de prendre des mesures conservatoires contre le leader du Polisario -comme le retrait de son passeport-, comme le demandaient les accusations privées, alléguant qu’il ne pouvait pas agir sur la base d’informations parues dans les médias (en référence à un numérique qui assurait qu’il ne se présenterait pas à la convocation du juge) et que la plainte ne comportait pas d’indications claires contre lui. Dans l’ordonnance rendue mardi, le juge a transféré la plainte à Gali par l’intermédiaire du tribunal doyen de Logroño, l’a invité à désigner un avocat et l’a convoqué le 1er juin à 10h30 dans son tribunal, ajoutant qu’il pourrait témoigner par voie télématique si, à cette date, il était toujours hospitalisé ou ne pouvait pas se rendre à Madrid.

Des sources du Front Polisario ont exprimé leur confiance dans l’indépendance du pouvoir judiciaire espagnol et ont assuré que jusqu’à présent, ils n’avaient pas voulu faire de déclaration afin de ne pas interférer dans leurs actions, comme l’a fait, selon eux, le Maroc. En représailles à l’accueil de Gali en Espagne, le Maroc a ouvert la frontière avec Ceuta le 17 mai, ce qui a provoqué l’entrée irrégulière dans la ville de plus de 8 000 immigrants en 36 heures, provoquant une crise diplomatique sans précédent entre les deux pays depuis la prise de Perejil en 2002.

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