Algérie / Importation de véhicules et montage : Le gouvernement temporise

Le dossier relatif à l’importation des véhicules, neufs en ce qui concerne les concessionnaires auto, ou d’occasion de moins de 3 années, réservée aux particuliers, a-t-il été classé ? Après des mois de tapage médiatique orchestré par Ferhat Aït Ali, limogé sans ménagement du poste de ministre de l’Industrie, les pouvoirs publics donnent aujourd’hui la nette impression d’avoir revu leurs priorités. Au vu de l’inexorable érosion des réserves de change, ils sont obligés de temporiser, chargeant le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement de faire patienter les Algériens.

Dans une interview accordée au site d’information économique en langue arabe, Sahm media, Amar Belhimer a justifié cette temporisation, qui concerne aussi la relance de l’activité du montage local de véhicules, par des motifs organisationnels et réglementaires. Les textes régissant ce dossier sont en train d’être revus, a-t-il répondu. Et cela « pour permettre aux concessionnaires automobiles d’importer le plus grand nombre de voitures dans les plus brefs délais et au coût le plus bas possible ». « Le gouvernement actuel a travaillé à reconsidérer l’ensemble du cadre juridique lié au dossier automobile, qu’il soit lié à l’importation ou le montage, afin de répondre aux besoins des citoyens et d’établir une véritable base industrielle qui dépend de la fabrication réelle et non du montage automobile », a-t-il souligné, avant de préciser que « l’ensemble de ces mesures et procédures ont conduit à la régulation de l’activité des concessionnaires de véhicules neufs par la publication du décret exécutif n° 20-227, relatif aux conditions et modalités d’exercice de l’activité des concessionnaires de véhicules neufs ».

Le ministre a assuré que certaines modifications de ce décret sont principalement ciblées, comme la réduction des documents exigés dans le dossier et la simplification des procédures administratives pour accélérer le rythme de l’étude et l’examen les dossiers par le comité ministériel mixte créé à cet effet. Poursuivant son argumentaire, il a tenu à ajouter que « les services du ministère de l’Industrie, en coopération et en concertation continue avec des experts et spécialistes du domaine, travaillent à la préparation de la version finale du projet de texte dans le cadre d’une nouvelle vision stratégique pour la promotion des investissements en Algérie, avec l’objectif de créer un environnement de travail plus favorable qui offre des opportunités d’investissement dans un environnement approprié ». Tout en essayant d’expliquer les nouvelles procédures en préparation, Amar Belhimer s’est abstenu de fixer une quelconque échéance, quant à la finalisation de ce document. Se limitant strictement aux informations en sa possession, c’est en toute logique qu’il s’est gardé d’avancer un calendrier, qui ne dépend pas de lui, mais d’une conjoncture économique morose, dont on ne voit l’issue.

Renault Algérie, reprise de l’usine d’Oran

« Après près de 16 mois d’arrêt, l’usine d’assemblage de voitures du constructeur français Renault en Algérie est de nouveau fonctionnelle », a rapporté hier TSA, informant que « la production a repris après le dédouanement depuis avril dernier d’une partie des kits de montage qui étaient en souffrance au port d’Oran ». « L’usine a repris de façon graduelle, mais elle reste temporaire », selon la même source, qui cite des responsables de Renault Algérie. D’après ces mêmes responsables, l’usine compte redémarrer « avec 280 travailleurs », après avoir dégraissé son effectif, qui comptait 1 200. Tout en insistant que la reprise de l’activité de montage « n’est pas définitive », les responsables ont indiqué que « le nombre de véhicules qui seront assemblés durant cette reprise ne dépassera pas 4 600 voitures ». En ce qui concerne la reprise définitive, rien n’est encore clair ; et tout dépendra des nouvelles règles. Une chose est néanmoins sûre. Les prix des véhicules nouvellement assemblés à l’usine Oued Tlelat d’Oran seront revus à la hausse. « Renault a payé la TVA et les droits de douane sur les kits. Les prix des véhicules seront donc élevés », ont précisé les responsables cités par TSA. « Nous allons commencer par satisfaire les demandes déjà en instance », ont-ils indiqué, avant d’ajouter que l’usine enregistre « une forte demande de la part des entreprises ».

M. M.

L’Est Républicain, 24 mai 2021

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