Reprise des vols vers l’Algérie : Ce qu’il faut savoir sur le contrôle sanitaire

par Nawal Imès

La réouverture progressive et conditionnée de l’espace aérien s’accompagnera d’un protocole sanitaire qui sera imposé à tous les voyageurs. En plus des formalités habituelles à effectuer, les personnes entrant sur le territoire algérien vont devoir se soumettre à un test antigénique rapide effectué à l’intérieur même des aéroports. Des laboratoires y seront installés et seront chargés d’effectuer les prélèvements. Pas de souci à se faire au niveau de la disponibilité des kits mais des questions sont d’ores et déjà soulevées au sujet de l’organisation de l’opération et des délais d’attente supplémentaires au niveau des aéroports.

Nawal Imès – Alger (Le Soir) – Les personnes qui pourront bientôt à nouveau fouler le sol algérien seront soumises à un protocole sanitaire déjà établi. Elles savent d’ores et déjà que pour pouvoir être autorisées à y entrer, elles devront être munies d’un test PCR datant de moins de 36 heures avant le jour du départ. L’embarquement sera systématiquement refusé à toute personne ne respectant pas cette première condition.

Une fois arrivés au niveau des aéroports algériens, les passagers devront se soumettre à un test antigénique effectué à l’intérieur même des aéroports. Concrètement, comment cela va se passer ? Des laboratoires seront installés à l’intérieur même des zones d’arrivées des passagers.

Un personnel formé y officiera pour effectuer un prélèvement nasal auprès de chaque passager. On sait d’ores et déjà que plusieurs stations seront mises en place pour éviter un engorgement au moment des procédures puisqu’en plus des traditionnelles vérifications d’identité et des formalités douanières, il faudra également compter le temps que prendra l’attente des résultats du test puisque le prélèvement en lui-même ne prend que quelques secondes. Il faut un minimum de trente minutes pour obtenir les résultats mais cela peut évidemment s’allonger si le nombre de stations mises en place s’avère insuffisant.

Si, traditionnellement, le temps d’attente à l’arrivée est relativement long, il risque en effet de s’allonger davantage avec le contrôle sanitaire imposé puisque une fois le contrôle de police et les formalités douanières effectués, le voyageur sera dirigé vers le laboratoire où il aura à remplir une fiche de renseignements, effectuer le prélèvement puis attendre le résultat. C’est ce dernier qui décidera de la suite des événements : si le test est négatif, le passager sera autorisé à quitter l’aéroport alors que si le test s’avère positif, il devra patienter pour connaître les conditions qui lui seront imposées pour pouvoir quitter l’aéroport.

Une seule voie s’offre aux passagers dont les tests seront positifs : un confinement imposé de dix jours, voire plus pour ceux venant des pays où les nouveaux variants sont prédominants. Ce que le ministère de la Santé ne dit pas c’est quelles seront les modalités pratiques de ce confinement. On sait qu’il sera aux frais du voyageur, ce qui signifie qu’il devra s’effectuer dans un hôtel. On ignore pour le moment quelles infrastructures ont été choisies pour l’accueil des personnes devant se confiner.

Interrogé sur cette organisation, le Dr Mizi Ouallaoua Yacine, président du Syndicat national des laboratoires médicaux, estime que la question de la disponibilité des kits de prélèvement ou des réactifs ne se posait plus, affirmant qu’«actuellement, les laboratoires privés ont toutes les plateformes nécessaires, les délais sont raccourcis. La logistique existe. Ce qui nous inquiète, c’est l’organisation : j’espère que cela sera confié à des biologistes. Ce que nous savons jusque-là, c’est que cela va être confié à un laboratoire».

Le ministre de la Santé qui avait annoncé la décision de tester les passagers à leur arrivée n’a, jusque-là, pas livré plus de détails sur le choix des laboratoires appelés à effectuer les prélèvements.
N. I.

Le Soir d’Algérie, 24 mai 2021

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