Algérie/ Législatives du 12 juin : Le FLN et le RND dans le doute

Les choses sérieuses ont commencé jeudi dernier lors du lancement de la campagne électorale pour les législatives anticipées du 12 juin. Les partis politiques participant à ce scrutin électoral ainsi que les listes indépendants sont, de fait donc, bel et bien entrés dans le vif du sujet.

Les candidats auront trois semaines pour convaincre les électeurs du bien fondé de leurs programmes en y mettant toutes leurs forces de persuasion à l’effet de les amener à choisir leurs candidats. Plusieurs inconnues caractérisent le prochain scrutin. D’abord, c’est la première joute électorale post-Hirak. D’aucuns estiment, par voie de conséquence, que les règles du jeu ont quelque peu changé. Une donne importante qui risque de peser lourdement sur l’issue du scrutin. En somme, estiment nombre d’observateurs, le prochain rendez-vous électoral, sera indécis tant les probables vainqueurs ne sont pas encore connus. En termes plus clairs aucun parti politique ne part dans cette course avec les faveurs des pronostics. Par le passé, l’issue des scrutins était connue d’avance. En effet, depuis l’avènement du pluralisme politique, et à l’exception de la première législature de 1997-2002 où le RND était le maître des lieux à l’APN, c’est plutôt le parti du FLN qui arrivait toujours en tête en raflant un nombre très appréciable des sièges de la chambre basse du Parlement.

Il est à rappeler que de 2002 jusqu’à la dissolution de l’APN par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, il y a juste quelques mois, c’est toujours le FLN qui occupait la première place en termes de nombre de sièges. Lors des élections législatives de 2007, soit quatre législatures, il a fait un véritable raz-de-marée manquant de peu la majorité absolue. Lors de tous ces scrutins législatifs son frère ennemi, en l’occurrence le RND, arrivait toujours en seconde position. En somme, à l’exception de la parenthèse (1997-2002) où le RND, pourtant dernier-né de la scène politique nationale, est arrivé aisément en tête du scrutin, c’est toujours le FLN qui était la première force politique à l’Assemblée suivi du RND qui occupait la deuxième position. En somme, ces deux partis politiques disposaient de la majorité absolue reléguant au rôle de figurants les autres partis politiques qui se contentaient ainsi des miettes. Le RND et le FLN étaient soutenus par d’autres partis politiques pour former ce que les analystes appelaient la « majorité présidentielle ». Autrefois, le jeu à l’APN était totalement fermé tant ce binôme de partis politiques faisait la pluie et le beau temps. Une situation de quasi monopole qui n’a cessé d’être décriée par les partis de l’opposition, qui imputaient cela, à la fraude électorale.

Cette dernière, reconnue même par les plus hauts responsables,empêchaient ainsi l’émergence de toute force politique qui mettrait en péril ce monopole. C’était cela la règle du jeu. Avec l’explosion populaire du 22 février 2019, d’aucuns espèrent le changement de cette règle du jeu et l’abandon de la pratique de la fraude électorale au profit du FLN et du RND. En tout cas, l’on soutient mordicus au plus haut niveau de l’État que cela fait partie du passé et que, désormais, les élections seront transparentes et démocratiques. Et c’est cette nouvelle règle qui donne des sueurs froides au FLN et au RND qui, pour la première fois depuis l’avènement du pluralisme politique, ne sont pas sûrs de remporter les élections.

Par : KAMAL HAMED

Le Midi Libre, 24 mai 2021

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