Algérie/ 12 Juin, le leitmotiv de la confiance

Zouhir MEBARKI

«Melmouss». Au cours de cette campagne électorale, beaucoup d’orateurs ont axé leurs discours sur la crise de confiance qui sévit entre les électeurs et la classe politique. Ils insistent sur la nécessité de l’effacer. Sauf que les moyens pour y parvenir sont absents des interventions. En effet et jusque-là, beaucoup d’hommes et de femmes politiques confondent constat et règlement. En parcourant toutes les interventions des leaders de partis ainsi que celles des candidats, aucune ne comporte les voies et moyens nécessaires à la reconquête de la confiance. La première condition serait de partager avec l’opinion publique l’analyse des causes qui ont mené à créer ce fossé entre les élus et les électeurs. Tout d’abord, il y a les promesses non tenues. Soit parce qu’elles étaient irréalisables, soit parce qu’elles n’étaient pas faites sincèrement et rangées aux «oubliettes» après les élections.

Dans les deux cas, les dégâts sont durables. Le bon sens voudrait, (puisque tout le monde s’accorde sur la nécessité du changement qui caractérise l’Algérie nouvelle) que ceux qui tiennent ce discours expliquent comment ils comptent effacer cette perte de confiance. De sortir du simple constat qui, depuis des lustres, ne fait que nourrir la méfiance. Il faut que les candidats et les responsables des partis dévoilent les voies et moyens qu’ils comptent mettre en oeuvre pour jouir d’une crédibilité auprès de l’opinion publique. C’est une «maladie» acquise et comme telle le «diagnostic» doit être suivi par un «traitement» pour la guérison. C’est incontournable.

Dans ce sillage, mettre en avant le fait que les nouveaux candidats ne peuvent être tenus pour responsables d’une situation antérieure. Ensuite, dérouler devant les citoyens les problèmes spécifiques qu’ils vivent au quotidien dans le territoire que les candidats aspirent à représenter. Et non pas se lancer, en lieu et place, dans des considérations de politique générale quand le souci des présents est l’absence d’un centre de santé ou d’un stade Pour rendre plus crédibles les promesses, il faut donner aux électeurs le moyen de joindre leurs élus. Ce peut-être l’adresse d’une permanence. Une page dans les réseaux sociaux. Ou un simple numéro de téléphone. Les Algériens sont traumatisés par les élus qui «disparaissent» après le scrutin. Les discours doivent s’écarter des bavardages stériles. Si l’on veut réellement retrouver la confiance des électeurs!

L’Expression, 24 mai 2021

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