L’UE cherche un « accord global » avec la Tunisie sur la migration et l’aide économique

La commissaire européenne chargée des affaires intérieures, Ylva Johansson, est en visite en Tunisie, jeudi, avec la ministre italienne de l’intérieur, Luciana Lamorgese. Un accord avec la Libye est également recherché.

ROME – L’Union européenne travaille à la conclusion d’un accord avec la Tunisie, qui offrirait une aide économique en échange d’une intensification des efforts visant à empêcher les migrants d’entrer en Europe, a déclaré un haut fonctionnaire à la veille d’une visite dans le pays jeudi.

La commissaire européenne chargée des affaires intérieures, Ylva Johansson, a déclaré au journal italien La Repubblica que des discussions étaient également en cours avec la Libye en vue d’un accord similaire.

L’Italie a demandé l’aide des pays de l’UE pour gérer le nombre croissant de migrants clandestins qui arrivent sur ses côtes, principalement en provenance de Tunisie et de Libye, tandis que la Tunisie a demandé des solutions « globales » prenant en compte les racines socio-économiques du problème.

M. Johansson a déclaré que Bruxelles s’efforçait d’organiser « un réseau d’aide volontaire » cet été jusqu’à ce qu’une solution européenne plus permanente sur le partage des migrants puisse être convenue, mais « nous nous efforçons également de bloquer les départs ».

Il s’agit notamment d’essayer de négocier un nouvel accord avec la Tunisie d’ici la fin de l’année.

Avec la ministre italienne de l’intérieur, Luciana Lamorgese, jeudi, « je serai (…) en Tunisie pour un accord global qui, d’une part, permettra au pays de se remettre de la grave crise économique provoquée par le coronavirus et, d’autre part, lui donnera les moyens de lutter contre les trafiquants d’êtres humains », a déclaré Mme Johansson au journal.

Elle a ajouté : « Il y aura des fonds européens pour l’économie, l’investissement et l’emploi, tandis que les autorités tunisiennes s’engageront à gérer les frontières, à reprendre leurs citoyens partis en Europe et à rapatrier les étrangers dans leur pays qui ne sont pas des réfugiés. »

L’économie tunisienne s’est contractée de 8,8 % l’année dernière et le taux de chômage a dépassé les 17 %. La pauvreté touchant plus de 20 % de la population et le gouvernement ayant du mal à équilibrer son budget, Tunis négocie actuellement un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’obtenir un prêt de 4 milliards de dollars.

Le commissaire européen a déclaré que l’UE était également déjà en pourparlers avec le gouvernement libyen dirigé par le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah en vue d’un nouvel accord sur la migration à partir de leurs côtes, ajoutant : « Je ne pense pas que nous devions attendre les élections de décembre ».

Pressés par la politique intérieure, les membres de l’UE cherchent des solutions rapides à l’exode des migrants, tandis que les nations d’Afrique du Nord, notamment la Tunisie, préconisent une approche globale et à long terme. Celle-ci devrait tenir compte des racines socio-économiques du problème et de la situation en Afrique subsaharienne, d’où sont originaires la majorité des candidats à l’immigration clandestine.

Selon le HCR, l’agence des Nations unies pour les réfugiés, moins de 23 500 personnes ont traversé la mer pour rejoindre l’Europe cette année, la plupart des nouveaux arrivants débarquant en Italie et en Espagne en provenance de Tunisie, de Libye et d’Algérie.

L’agence estime que 633 personnes sont mortes ou ont disparu en tentant la périlleuse traversée en mer cette année.

The Arab Weekly, 20 mai 2021

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