Palestine-Israël / Les Juifs et les sionistes

Chaabane BENSACI

Les criminels de guerre sionistes ont, de tout temps, prétendu parler et agir «au nom du peuple juif», refusant d’entendre les Juifs, de plus en plus nombreux, qui refusent d’être comptables de leurs crimes en terre sainte. Ces réfractaires, hier esseulés, sont de plus en plus visibles, de plus en plus agissants. Sans aller jusqu’à imaginer que cela va provoquer un électrochoc, tant les sionistes maîtrisent bien des domaines, parmi lesquels les banques et les canaux de communication, on peut croire qu’un vent nouveau est en train de transformer les mentalités.

La doctrine chère à Netanyahu, digne émule du sinistre Sharon, a encore de tristes «beaux jours» devant elle, et son ombre suprémaciste n’est pas prête à se dissiper, avec les 38 milliards de dollars du contribuable américain, par décennie. Mais la prise de conscience des juifs antisionistes est, désormais, réelle, et on l’a bien vu, lors de manifestations à New York, Londres, Paris ou Amsterdam, longtemps pro-israéliennes, criant leur colère face au cynisme du gouvernement Netanyahu et de ses soutiens, visibles et invisibles.

Certes, cela ne mesure pas la complexité du problème, dont la raisonnante approche des Hébreux, selon les terres d’où ils proviennent. On sait que tous les chefs de guerre du sionisme dont la barbarie a culminé, au cours des conflits avec les Palestiniens, les Libanais et les Syriens, pour ne citer qu’eux, sont des Ashkénazes, juifs d’Europe centrale, notamment des Polonais. Comme on sait, aussi, que dans la «seule démocratie» (théocratique!) du Moyen-orient, les strates sont implacables pour les Juifs de Russie, les Falashas d’Ethiopie et les groupes de Sépharades, selon qu’ils viennent du Maroc ou d’autres pays du Maghreb. Rares sont ceux qui parviennent à se glisser dans le sérail, au prix d’ une concession qui n’a rien d’immaculée. Les Falashas, par exemple, ont un statut d’esclaves affranchis et vivent un racisme ordinaire que leur judéité n’acquitte nullement.

A l’heure où les peuples arabes frémissent d’indignation, suite aux normalisations conclues par des dirigeants serviles, il convient de rappeler qu’au temps des pogroms, de l’Inquisition ou de la Solution finale, des esprits arabes ont tendu une main secourable à leurs cousins sémites, les ont protégés et ont favorisé leur prospérité croissante. Ce qui montre l’indécence de récentes lois, concoctées par des pays prompts à donner des gages aux organisations racistes et sectaires du sionisme, pour faire de l’antisionisme un crime puni au même titre que l’antisémitisme, quitte à déférer des sémites de bonne souche! Heureusement que le Covid est venu, juste à temps, torpiller cette dérive. Pour le moment…

L’Expression, 20 mai 2021

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