L’Espagne hausse le ton face à l’explosion du nombre de migrants depuis le Maroc

L’affluence record de migrants depuis le Maroc direction l’Espagne est interprétée par Madrid comme un pression de la part des autorités marocaines.

En trois jours, environ 8 000 personnes, pour la plupart des jeunes marocains ont traversé le petit bras de mer qui sépare l’Afrique de l’Europe. Un afflux très important dans un contexte politique très tendu. « Depuis lundi, ils sont quelque 8000 à être passés, à la nage pour la plupart, à pied pour certains, de la ville marocaine de Fnideq à la ville espagnole de Ceuta, deux localités côtières séparées par quelques centaines de mètres, une frontière internationale et de hautes clôtures fortifiées. Ou par une bonne session de brasses dans la Méditerranée. Ils ont débarqué par la jetée et à la plage de Tarajal, au sud de Ceuta, les points d’accès les plus proches de Fnideq. Au moins un homme a péri dans les eaux marocaines au cours de sa traversée, ont indiqué les autorités espagnoles » relève Le Figaro .

Cette vague de migrants ne doit rien hasard, alors que le Maroc est en plein litige avec Bruxelles. « Les analystes dans la Péninsule rappellent unanimement qu’à de nombreuses occasions où le Maroc a voulu exprimer son mécontentement ou peser sur des négociations avec l’Espagne ou l’Union européenne, il a « ouvert les vannes ». Dans le cas présent, tous les observateurs font le lien avec l’hospitalisation à Logroño, en avril, du secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali. Rabat avait averti Madrid par un communiqué de possibles « conséquences ». « Les deux événements sont liés, cela ne fait aucun doute, confirme Eduard Soler Lecha, chercheur au think-tank Cidob de Barcelone et spécialiste des questions méditerranéennes. Mais l’hospitalisation n’est pas le seul élément qui ait contribué à une détérioration des relations entre les deux pays au cours des dernières années » » continue le quotidien français.

C’est la première fois que le Maroc assume de façon aussi transparente d’utiliser la question migratoire dans la balancer de son rapport de force avec les pays européens.

RSE Magazine, 19 mai 2021

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