Le dilemme des Algériens

Les médias n’en parlent toujours pas, mais les Algériens s’en préoccupent déjà. A quelques deux mois de l’Aid El Adha, les Algériens appréhendent fortement une inflation des prix de l’ovin. Il n’y a visiblement que peu de titres de presse ou de reportages télévisuels ou encore des vidéos sur les réseaux sociaux qui interpellent le gouvernement sur ce qu’il adviendra dans très peu de temps s’il ne prend pas les devants, mais il est certain que les maquignons se préparent à imposer leur loi au vu et su de tous. Laquelle loi a acté l’irréversibilité de la hausse systématique de la valeur du mouton d’année en année. L’on n’a pas vu une seule fois depuis plusieurs décennies le mouton se vendre moins cher. La courbe est ascendante et aucun facteur ne semble agir sur le marché à bestiaux. La sécheresse, l’abondance des pâturages, la chute des prix des aliments sur le marché international, une abstinence forcée des consommateurs, et même toute la volonté de tous les gouvernements qui se sont succédé aux affaires, de réguler le marché en important des ovins, n’ont absolument eu aucun effet sur le prix du mouton de l’Aïd qui n’en finit pas d’augmenter. «A ce rythme, il sera plus difficile de sacrifier un mouton que d’aller au Hadj», ironise un vieil homme, très habitué à l’inflation galopante, et bien entendu permanente, qui touche ce produit.

Pour cette année, il ne faut pas s’attendre à une quelconque baisse des prix. Toutes les conditions sont réunies pour assister à une augmentation significative des prix. La pluviométrie n’a pas été au rendez-vous et la hausse des prix des aliments de bétail en hausse sur les marchés mondiaux, permettront aux maquignons et à leurs intermédiaires de jouer sur du velours qui, en plus des conditions climatiques et économiques y ajouteront leur appétit vorace, en prenant le contrôle de toute la filière ovine. Ils agiront à leur guise. Il ont d’ailleurs l’habitude de faire et défaire les pronostics pour mettre le peuple devant une situation tout à fait incongrue.

Des centaines de milliers de pères de familles appréhendent dés maintenant un véritable dilemme annuel : se passer d’un rite cher à notre religion ou s’endetter lourdement au point de déstabiliser le budget familial. Car en plus de la dépense de l’Aïd El Adha, les Algériens font face à celle du ramadhan, de l’Aïd El Fitr en l’espace de trois mois seulement.

Les agissements de cette faune de spéculateurs a toujours eu des incidences encore plus importantes sur l’image des gouvernements qui donnent l’impression d’être incapables de contrôler un marché sur lequel l’Etat intervient en amont via des subventions et autres aides…

Par Nabil G.

Ouest Tribune, 20 mai 2021

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