« Ils ont perdu leur sens moral » : les États musulmans condamnent ceux qui ont normalisé leurs relations avec Israël.

Les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc ont participé en 2020 à la normalisation des relations diplomatiques avec Israël organisée par le président américain de l’époque, Donald Trump.

Lors d’un sommet d’urgence de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) dimanche 16, les 57 pays membres à majorité musulmane ont vivement condamné les attaques d’Israël contre Gaza et la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, mais ont également critiqué plusieurs de leurs propres membres qui ont signé des accords de normalisation controversés avec Israël l’année dernière.

Dans une déclaration commune à l’issue du sommet, l’OCI a déclaré qu’elle « condamne dans les termes les plus forts les attaques barbares lancées par Israël, l’autorité occupante, contre le peuple palestinien, sa terre et ses lieux saints. »
Le groupe a exhorté Tel-Aviv à mettre « un terme à toutes les violations perpétrées par Israël, l’autorité d’occupation, y compris le non-respect des lieux saints », notant qu’il « tient Israël, l’autorité d’occupation, pleinement responsable de la détérioration de la situation causée par ses crimes systématiques contre le peuple palestinien […], en particulier l’attaque militaire barbare de grande envergure contre la bande de Gaza assiégée. »

L’OCI a en outre exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) à « agir rapidement » pour mettre fin aux attaques israéliennes, ce que l’un de ses membres, la Chine, a demandé dimanche (16).

« Le massacre d’enfants palestiniens aujourd’hui fait suite à la supposée normalisation. Ce régime criminel et génocidaire a prouvé une fois de plus que les gestes amicaux ne font qu’aggraver ses atrocités », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, cité dimanche (16) par l’agence américaine Associated Press.
« Ne vous méprenez pas : Israël ne comprend que le langage de la résistance et le peuple de Palestine a pleinement le droit de se défendre », a-t-il ajouté.

Le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a quant à lui déclaré que les pays qui ont signé des accords de paix avec Tel-Aviv en 2020 « ont perdu leur boussole morale », ajoutant que « s’il y a des déclarations peu enthousiastes au sein de notre propre famille, comment pourrions-nous critiquer les autres ? Qui prendra nos paroles au sérieux ? ».

En 2020, l’administration américaine de Donald Trump a réussi à obtenir que quatre pays islamiques – les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc – reconnaissent l’État d’Israël dans le cadre d’un accord de paix qui promettait de mettre fin à l’annexion par Israël de certaines parties de la Cisjordanie.

Nouveau conflit israélo-palestinien

La cause directe de la reprise de la violence en Israël a été un arrêt du 6 mai de la Cour suprême d’Israël, qui a dicté l’expulsion de quatre familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah, et a entraîné des affrontements entre la police israélienne et des civils palestiniens, ainsi que le raid de la police israélienne sur la mosquée Al-Aqsa.

Malgré le report de 30 jours de la décision de justice, les mouvements palestiniens Hamas et Jihad islamique ont lancé des roquettes contre Israël lundi dernier (10) depuis la bande de Gaza. Les forces israéliennes ont répondu par des frappes aériennes et d’artillerie contre la région et les groupes palestiniens.

Dans la nuit de dimanche (16), 193 personnes ont été tuées à Gaza par des bombardements israéliens, dont 55 enfants, et plus de 10 000 personnes ont été déplacées. Onze autres personnes ont été tuées en Cisjordanie, tandis qu’en Israël, dix personnes ont été tuées, dont deux enfants.

Sputnik, 17 mai 2021

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