Ceuta : Plus de 1500 harragas rapatriés au Maroc

L’Espagne renvoie 1 500 immigrants au Maroc après l’entrée massive à Ceuta

La remise aux autorités marocaines s’effectue conformément à un accord signé avec Rabat en 1992 et l’on s’attend à ce que, dans les prochains jours, tous ceux qui ont franchi la frontière soient renvoyés.

Des sources policières consultées par Vozpópuli indiquent que l’Espagne a déjà renvoyé au Maroc 1 500 immigrants sur les quelque 6 000 qui ont franchi le périmètre frontalier de Ceuta depuis lundi. Ce geste s’inscrit dans le cadre de l’application d’un accord signé avec Rabat en 1992. On s’attend à ce que, dans les jours à venir, la même décision puisse être prise avec le reste des personnes qui restent dans la ville autonome après l’entrée massive de la clôture.

La gravité de la situation a contraint le ministère de l’Intérieur à convoquer une réunion d’urgence à laquelle ont participé le chef du portefeuille, Fernando Grande-Marlaska, le secrétaire d’État à la sécurité, Rafael Perez, le directeur général de la police, Francisco Pardo, la directrice générale de la garde civile, Maria Gamez, ainsi que d’autres hauts représentants du département.

La réunion s’est conclue par la décision d’envoyer 200 agents supplémentaires à Ceuta pour renforcer le dispositif : 50 de l’Institut armé qui seront déployés aux points critiques de la frontière et 150 de la Police nationale, qui sont répartis entre les agents de l’Unité d’intervention de la police (UIP), les scientifiques et la spécialité des étrangers et des frontières. L’incorporation de ce dernier correspond à l’intention d’appliquer l’accord signé avec le Maroc en 1992 qui permet le retour des immigrants qui traversent le périmètre frontalier.

Effondrement à Ceuta

Après la batterie d’entrées – d’autres sources indiquent à ce journal que le chiffre pourrait dépasser 5 000 immigrants en une seule journée – l’Espagne a déjà procédé à l’expulsion de 300 personnes, qui ont été remises aux autorités marocaines. Cet épisode a provoqué l’effondrement des installations habituellement mises en place pour s’occuper et gérer la situation des immigrants arrivant à Ceuta.

La ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Arancha González Laya, dément dans une interview sur Cadena Ser que cette entrée massive soit le résultat d’un « désaccord » avec le Maroc après avoir accueilli le leader du Polisario, Brahim Ghali, en Espagne. « Je ne peux pas parler pour le Maroc. En tout cas, je peux vous dire qu’on nous a assuré il y a quelques heures que ce n’est pas le résultat d’un désaccord ».

Le ministre des affaires étrangères insiste sur le fait que la priorité est de « maintenir les canaux habituels avec les autorités marocaines pour comprendre quelle est la raison » de cet épisode, puis d' »assurer la sécurité de nos frontières » et, enfin, de « renvoyer dans leurs lieux d’origine ceux qui sont arrivés de manière irrégulière conformément aux protocoles ». Un retour qui a déjà commencé avec les 300 premiers immigrants livrés au Maroc.

A Melilla aussi

En outre, tôt ce mardi, on a appris que plusieurs dizaines de migrants subsahariens ont sauté la barrière frontalière entre l’Espagne et le Maroc à Melilla et ont réussi à accéder à la ville tôt ce matin en différents groupes.

Ces entrées irrégulières ont eu lieu depuis 4h30 ce matin dans la zone du Dock Sud, où la police locale a coupé la circulation la nuit dernière « pour faciliter le contrôle » des forces et des forces de sécurité de l’État après l’afflux massif d’immigrants qui s’est produit hier à Ceuta.

Selon les sources policières ont informé Efe, les immigrants sont entrés à Melilla en plusieurs groupes, le premier d’entre eux plus nombreux, et une fois dans la ville ont été dirigés vers la course au Centre de séjour temporaire des immigrants (CETI), escorté par des patrouilles de la Garde civile et la police locale.

Les Subsahariens ont parcouru le Paseo Marítimo en célébrant leur entrée dans la ville par des signes de joie et des cris d’euphorie.

Voz Populi, 18 mai 2021

Etiquettes : Maroc, Espagne, Ceuta, migration, harragas,