Jérusalem, boomerang du Proche-Orient

La colonisation de la partie orientale de la ville était sortie des radars. Elle s’impose de nouveau à ceux qui l’avaient enterrée.

Dans le «nouveau Proche-Orient» dessiné par Benyamin Netanyahou et Donald Trump, l’esplanade des Mosquées devait être une attraction touristique pour les visiteurs des Émirats, de Bahreïn ou du Maroc, après la normalisation des relations entre lsraël et ces États arabes. Une gifle pour les Palestiniens, spectateurs impuissants d’une paix conçue sans eux et contre eux. Leurs revendications sur la partie orientale de la ville étant hors sujet depuis le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et la reconnaissance par les États-Unis de la ville comme capitale d’Israël.

L’alignement américain marquait la consécration diplomatique de plus de cinquante ans de colonisation israélienne de Jérusalem-Est. Maison par maison, quartier par quartier, à coup d’expulsions de familles palestiniennes justifiées par les tribunaux israéliens. Dans l’indifférence générale, même lorsque l’occupation des propriétés palestiniennes par des colons israéliens se déroule sous le nez des diplomates, dans le quartier très prisé de Sheikh Jarrah, siège de nombreux consulats à Jérusalem-Est.

Or, s’il est bien un domaine dans lequel Joe Biden ne semble pas vouloir rompre avec l’héritage de son prédécesseur, c’est bien celui de la question palestinienne. Le président a averti qu’il ne remettrait pas en question le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. Il ne paraît pas plus pressé d’annuler les autres décisions favorables à Israël prises par Donald Trump.

Soucieux de réussir son départ d’Afghanistan et son retour dans l’accord sur le nucléaire iranien, Joe Biden a mis le conflit israélo-palestinien sous la pile de ses priorités. L’embrasement de Jérusalem rappelle à l’Amérique qu’il ne disparaîtra pas, tant que persistera l’occupation d’un peuple par un autre.

Malika Nedir, Cheffe de la Rubrique Monde

Tribune de Genève, 10 mai 2021

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