Algérie/En quoi l’ennemi n’est absolument pas commun !

par Malika Boussouf

Rester vigilant et ne rien négliger de ce qui se prépare à notre insu. Comprendre à quoi s’intéresse un parlementaire qui interpelle sur l’urgence d’imposer l’usage de la langue arabe, y compris par des commerçants qui, souvent, usent de lettres latines pour s’exprimer dans leur langue maternelle, dans le langage local.

Aujourd’hui, je me suis dit que je n’avais aucune envie de parler du Hirak ! De ce noble élan qui a poussé le pays tout entier à se soulever contre les calculs de Bouteflika, de sa garde rapprochée et de sa cour au sens large. Comme celui de garder le pouvoir et de veiller au bien-être de ses proches et des guignols qui servaient ses prétentions. Une camorra au pouvoir et un peuple tenu en laisse.

Je n’avais pas plus envie de parler de Hirak infiltré par une mouvance islamiste qui ne cache pas ses ambitions et dont on devine aisément les intentions, même si elle fait mine d’avoir abandonné la violence qui la mine et porte son programme. On peut dire qu’elle a, en partie, réussi à tromper l’aile qui, au sein du même mouvement, affirme se battre pour faire triompher la démocratie.

Depuis que les réponses aux questions qui embarrassent sont renvoyées aux calendes grecques et puisque lesdits démocrates défilent aux côtés de leurs supposés ennemis d’hier, voire bras dessus bras dessous avec ceux dont l’idéologie commande les meurtres commis au nom d’Allah, les Algériens qui refusent de se laisser embrigader par ces derniers passent pour d’ignobles suppôts du système en place.

Ainsi, les uns savent à quels appels ils répondent quand les autres font mine de ne déceler aucune menace dans leurs slogans, convaincus qu’ils sont que l’avenir du pays et des Algériens appellerait à l’union de tous contre un régime contestable et contesté. Pourtant, quand on démarre une marche par un «Allahou akbar», le doute n’est plus permis. Et je ne vais pas m’en accommoder sous le fallacieux prétexte qu’il faudrait faire bloc contre un ennemi commun. Parce que l’ennemi n’est absolument pas commun.

Les islamistes ont une place de choix dans le système. Ils se sont, depuis longtemps, creusé un trou confortable au cœur de ce dernier.

Le Soir d’Algérie,12 mai 2021

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