COVID 19 et démocratie : Quelle Europe pour le monde d’après ?

Cette journée de l’Europe du 9 mai 2021 a pris une tournure particulière. Alors que le projet Européen sort affaibli par une gestion chaotique de la crise sanitaire de la COVID 19, un certain nombre de courants eurosceptiques semblent pouvoir se réjouir.

Bien avant la Covid-19, l’Union Européenne ne parvenait déjà pas à contrecarrer l’émergence de forces politiques à l’agenda résolument réfractaire aux valeurs fondamentales du projet européen. Les peuples hongrois et polonais en ont déjà fait les frais, et leur modèle semble faire tâche d’huile. La dissidence est discréditée, l’action des défenseurs des droits humains est entravée, les médias libres sont réduits au silence : l’accès aux droits fondamentaux des peuples européens se trouve directement menacé.

Partout, le doute prospère sur la capacité de l’Union Européenne à apporter une réponse commune aux problèmes collectifs qui la concernent. Avec l’article 7 du traité européen, les outils existent pourtant. Mais leur mise œuvre concrète se fait attendre. Il revient désormais aux gouvernements résolument engagés dans la construction européenne de mener à leur terme ces procédures avec détermination, pour endiguer cette vague repli ultra-conservatrice et nationaliste. Le respect des principes fondateurs de l’UE ne doit être une option pour aucun de ses membres, et chacun doit y veiller. Ce courage ne peut reposer sur les seuls pays à la présidence tournante du Conseil européen. Il appartient désormais à l’ensemble des leaders de l’Europe fragilisée de réagir et de montrer leur attachement aux valeurs-socle de l’Europe : dignité, liberté, égalité et solidarité.

Retrouvez les propositions de la FIDH dans la tribune parue dimanche 9 mai 2021 sur Euractiv signée par Elena Crespi, responsable du bureau Europe de l’Ouest de la FIDH et Vitor Graça, président de son organisation membre au Portugal.

FIDH, 10 mai 2021

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