Sahara occidental : Le Maroc cherche à cacher ses exactions

Une fois de plus, répression et violations marocaines dans les territoires occupés du Sahara Occidental sont dénoncées, malgré le lobbying du Makhzen qui dépense sans compter pour leurrer l’opinion publique quant à l’illégalité de son occupation du Sahara Occidental depuis 1975. Les réactions de réprobation et de condamnation se poursuivent. Ainsi celles du département d’État américain et, plus récemment, une communication des experts de l’ONU.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a invité, vendredi 7 mai, les autorités marocaines à réaffirmer leur engagement en faveur de la protection et de la promotion des droits de l’Homme. Cela dénote, selon des observateurs, de la non-satisfaction de la nouvelle administration américaine de la situation des droits de l’Homme au Maroc et au Sahara Occidental occupé. Cela signifie aussi que les questions des droits humains et des libertés publiques font désormais partie des priorités de l’agenda diplomatique des États-Unis dans les relations avec le Maroc.

L’appel de Blinken intervient quelques semaines après la publication du rapport du Département d’Etat 2020 sur la situation des droits de l’Homme dans le monde, dans lequel il pointe du doigt le Maroc pour ses violations orchestrées dans les territoires occupés du Sahara Occidental, et au moment où des voix s’élèvent aux États-Unis pour dénoncer le régime autoritaire de la monarchie et sa répression contre toute voix critique au Maroc.

Ce vendredi, le quotidien américain The Washington Post affirmait dans une tribune signée par son Comité de rédaction, que les journalistes emprisonnés au Maroc, en particulier Soulaiman Raissouni et Omar Radi, méritent l’attention de l’administration Biden, « qui devrait discuter avec le régime marocain de son bilan en matière de droits de l’Homme ».

Radi et Raissouni « devraient être libérés avant que le régime marocain n’obtienne plus de faveurs politiques de la part des États-Unis », soutient le quotidien américain en référence à la reconnaissance par l’ex-Président américain de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. Il y a lieu de rappeler, à ce titre, que l’administration américaine ne s’est pas encore prononcée sur la décision unilatérale de Trump, selon un porte-parole du département d’État américain. « Aucune décision de ce type n’a été prise. Nous menons des consultations, particulièrement avec les parties sur la meilleure voie à suivre, et on a rien de plus à annoncer », a déclaré la même source, à la chaîne américaine Al-Hurra.

Dans une communication conjointe adressée au gouvernement marocain, des experts des droits humains de l’ONU ont confirmé les violations systématiques et généralisées perpétrées par le régime marocain au Sahara Occidental occupé, pointant un « environnement hostile » au travail de défense des droits de l’Homme dans ce territoire non autonome. Les victimes mentionnées dans la communication conjointe sont des activistes sahraouis bien connus du territoire occupé, qui ont soumis des plaintes de droits de l’Homme à l’ONU. Il s’agit, entre autres, de Naziha El Khalidi, Aminatou Haidar, Mahfouda Bamba Lafgir et Yahya Mohamed Elhafed Iaâzza. Pour tenter de dissimuler son bilan déplorable en matière de droits, le Maroc a adopté une stratégie délibérée visant à embellir, en vain d’ailleurs, son image ternie notamment aux États-Unis et en Afrique.

Des diplomates marocains se sont rapprochés récemment du lobby juif aux États-Unis (AIPAC). Si cela est dépeint par Rabat comme une question d’affaires, ce rapprochement en réalité sert à contrecarrer l’image négative projetée par les violations des droits de l’Homme commis par le régime au Maroc et dans les territoires sahraouis occupés.
Outre sa quête de soutiens pour sa politique expansionniste au Sahara Occidental, le Maroc cherche à saper les efforts des ONG invitant l’ONU à contraindre le Royaume à rendre des comptes au sujet de ses violations des droits de l’Homme à l’encontre des Sahraouis.

APS

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