Quand l’organisme s’acclimate au jeûne

Les bienfaits du jeûne sur la santé sont insoupçonnables. Néanmoins, il faut admettre que, durant le jeûne, l’organisme humain est mis à rude épreuve. La privation de nourriture et d’eau depuis l’aube jusqu’au coucher du soleil, un mois durant, pousse l’organisme à modifier son fonctionnement et à mobiliser certains mécanismes d’adaptation, et ce, dans le but de préserver, intacts, les organes et de permettre au jeûneur de rester en bonne santé.

En effet, parmi les catalyseurs fondamentaux de l’organisme humain figure le glucose. Il est contenu dans le sucre mais aussi dans d’autres aliments comme le pain, les féculents et autres et représente la dynamo de l’organisme humain. Son importance est majeure en raison de son précieux apport sur le cerveau. C’est que près des deux tiers des glucides engloutis—dont le glucose—sont consommés par le cerveau et assurent ainsi son bon fonctionnement. D’autant plus que le glucose représente 50% des calories, principales sources d’énergie. Cependant, durant le jeûne, le cerveau se trouve en manque de sucre, ce qui peut être dangereux et entraîne parfois des convulsions et la perte de connaissance. Aussi, les jeûneurs ont-ils tendance à modifier—spontanément—leurs habitudes alimentaires durant le mois saint en optant pour une consommation régulière de sucreries surtout durant la soirée. D’autant plus qu’ils préfèrent, à défaut de tonus, restreindre leurs activités physiques, ce qui leur permet de préserver au mieux leurs réserves en glucose et maintenir ainsi l’alimentation du cerveau en glucose.

Glycogène, protéines et cétones

D’un autre côté, et outre le changement des habitudes alimentaires durant le mois saint, l’organisme déploie des mécanismes d’adaptation afin de garantir l’alimentation du cerveau en glucose. En effet, il s’agit de l’exploitation des réserves de glucose, stockées sous forme de glycogène dans le foie. Même les protéines présents dans les muscles se convertissent en glucose d’où l’impératif, pendant Ramadan, de manger équilibré et d’introduire les protéines contenues dans les viandes, les œufs et les produits laitiers dans nos assiettes.

Autre mécanisme d’adaptation : la production, par le tissu adipeux, des cétones, lesquels aident également au bon fonctionnement du cerveau. D’ailleurs, l’odeur «acétonique» de la bouche des jeûneurs ou cette mauvaise haleine revient à la production des cétones et prouve ainsi le déclenchement de ce mécanisme d’adaptation de l’organisme au jeûne prolongé.

Tous ces mécanismes convergent vers le bon fonctionnement de l’organisme, et, par conséquent, garantissent la survie en situation de privation alimentaire. Des mécanismes d’adaptation qui risquent, néanmoins, de faire défaut en cas d’atteinte par certaines maladies chroniques (diabète ), de maladies graves (cancers) ou encore des maladies associées à des carences (anémie, anorexie…). Aussi, est-il toujours indispensable de prendre l’avis du médecin avant d’entamer le jeûne. Il convient aussi de manger équilibré et de veiller sur une bonne hygiène de vie aussi bien durant Ramadan qu’en temps normal.

* Source : https://theconversation.com

La Presse.tn, 09 mai 2021

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