Le Conseil marocain des droits de l’homme s’inquiète de l’emprisonnement de blogueurs

Rabat, 06 mai (EFE) – Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH, officiel) a exprimé sa préoccupation concernant l’emprisonnement et le procès de plusieurs blogueurs lors de la présentation de son rapport sur la situation des droits de l’homme en 2020.

« Le conseil exprime sa préoccupation quant à la condamnation de certains blogueurs à des peines privatives de liberté, alors qu’il s’agit de modes d’expression protégés par le système international des droits de l’homme », peut-on lire dans le rapport qui a été présenté aujourd’hui à Rabat par la présidente du conseil, Amina Buayach.

Le conseil (un organe consultatif) a déclaré avoir suivi les cas de certains blogueurs et youtubers comme « My Naima » condamnée en mars 2020 à un an de prison pour avoir nié l’existence de la pandémie, avant de voir sa peine réduite à trois mois en appel.

Parmi les autres cas cités dans le rapport figurent la condamnation en janvier 2020 du rappeur Hamza Asbaar, alias Stalin, à quatre ans de prison avant de la voir réduite à huit mois, accusé d’offenser les institutions constitutionnelles pour une chanson dans laquelle il critique le pouvoir, ainsi que le youtuber connu sous le nom de « Moul Hanout » condamné en janvier 2020 à trois ans de prison pour avoir posté des vidéos critiquant la corruption dans le pays, entre autres cas.

La CNDH a également rappelé que les réseaux sociaux sont des forums de liberté d’expression et d’information, mais a ajouté qu’ils peuvent également constituer une entrave à cette liberté lorsqu’ils diffusent de la désinformation.

En même temps, le conseil a attiré l’attention sur le fait que le législateur a éliminé les peines de prison dans le Code de la presse, mais « ces garanties ne couvrent pas tous les cas d’édition au sens large, et spécifiquement dans les réseaux sociaux en l’absence de dispositions légales » à cet égard.

Et il a appelé à l’harmonisation de toutes les réglementations relatives à la liberté d’expression dans le Code pénal avec les conventions internationales.

D’autre part, la CNDH a critiqué l’arrestation de personnes et leur poursuite pour avoir violé l’état d’urgence entre le 21 et le 24 mars, pendant le confinement imposé dans le pays en prévention contre le coronavirus (ainsi, entre mars et octobre dernier, 98.000 personnes ont été traduites devant les tribunaux pour ne pas avoir porté le masque obligatoire).

Le conseil a souligné que ces persécutions « constituent une violation de la Constitution et des dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ». EFE

Swissinfo, 06 mai 2021

Etiquettes : Maroc, droits de l’homme, presse, journalistes, CNDH, Omar Radi, Soulaymane Raïssouni, Taoufik Bouachrine,