Algérie/Les «niches» artificielles de l’import (Edito de L’Expression)

L’Algérie d’hier! Chaque jour qui passe confirme davantage les grosses magouilles qui avaient lieu, par le passé, dans la gouvernance de notre pays. Surtout là où il y avait beaucoup d’argent à ramasser. Comme dans les importations. On s’aperçoit, aujourd’hui, que beaucoup de produits n’avaient pas à faire partie de la nomenclature de l’import. Qu’ils pouvaient très bien être produits localement. Il y a le cas le plus scandaleux de la betterave sucrière qui était importée depuis des décennies en devises fortes aggravées par les surfacturations, alors que la terre algérienne est idéale pour sa culture. Aujourd’hui c’est prouvé.

Pour le soja, c’est exactement la même «réinitialisation» de cette matière première de la production d’huile. Tout comme le lancement d’une unité de production de cheddar, le fromage le plus consommé dans le monde, vient d’être annoncé par le P-DG du groupe Giplait, Mouloud Harim. Très utilisé dans les recettes culinaires, ce fromage contient de la vitamine B12. Actuellement, il est importé. L’unité qui sera installée à Sétif pourra produire avec 50.000 litres de lait, quatre tonnes de cheddar par jour. Encore un produit qui échappera à l’importation. Au-delà de l’agroalimentaire, les matériaux de construction ont également fait partie des «niches» artificielles de l’import. Jusqu’à ce que le même Abdelmadjid Tebboune, qui n’était que le ministre de l’Habitat, n’interdise l’importation des matériaux produits localement.

Aujourd’hui, chef de l’Etat, il élargit la «gamme» des produits à exclure des importations. En fermant une à une les «niches d’engraissement» que s’étaient réservées certains responsables dans les gouvernements d’avant le 12 décembre 2019. Avec la complicité de certains parlementaires pour adapter la loi à leurs magouilles.

D’ailleurs, on entend souvent lors des procès, leurs défenses avancer la légalité de leurs actes. Résultat des courses: les caisses de l’Etat ont «maigri» tandis que les poches de certains responsables et leurs complices ont extraordinairement «enflé». Le vol n’est jamais légal. L’objectif du président Tebboune est de parvenir le plus rapidement possible à un équilibre de la balance commerciale et puis, pourquoi pas, dans un second temps, atteindre une balance excédentaire. En remettant les choses en place. Honnêtement et avec une bonne gestion des biens de la collectivité nationale. Tout ce qui manquait à l’époque des magouilleurs!

L’Expression, 28 avr 2021

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