Pourquoi l’Algérie est-elle devenue la cible des médias français ?

Par Tarek Benaldjia

« Celui qui contrôle les médias contrôle les esprits », disait le chanteur et poète américain Jim Morrison. N’est-il donc pas temps de réagir face à l’irresponsabilité des médias français avant qu’ils ne marquent les esprits à jamais avec autant de manipulations véhiculées quotidiennement sur l’Algérie?

Il n’y a pas un seul jour où nous ne lisons pas un article négatif sur l’Algérie en France. Si l’image du pays est aussi ternie par les médias français, les raisons sont nombreuses.

Les médias et la presse, considérés comme le « quatrième pouvoir » ont une grande responsabilité envers les lecteurs dans la transmission des faits d’actualité. Un journaliste devrait respecter les règles de la neutralité et de l’objectivité dans son métier mais force est de constater que de nos jours la plupart des médias français directement contrôlés et financés par l’État, manipulent de plus en plus les lecteurs en apparaissant plus comme des outils de propagande qu’organes de communication et d’information. (En 2020, l’État français a distribué des millions d’euros des aides d’urgence d’un montant de 483 millions Euros à plusieurs titres de presse qui s’ajouteront aux 840 millions annuels d’aides à la presse) (Source Le Point citant AFP, publié le 28 Aout 2020.)

Le lien étroit entre les médias et la sphère politique française s’explique également par la concentration des grands médias entre les mains de quelques milliardaires qui ont eux-mêmes des liens avec l’État via leur participation à des marchés publics. Pour citer quelques exemples parmi d’autres, si Bouygues qui détient TF1 est impliqué dans des contrats sur le marché public dans le domaine de la construction, le propriétaire du Figaro, Dassault, est un acteur majeur de l’industrie de la défense française.

Dans un tel contexte où la transparence, l’indépendance et la pluralité des médias en France sont de plus en plus menacées, on constate une réelle défiance envers les médias conventionnels français. La récente couverture médiatique biaisée du mouvement des « gilets jaunes » a été en quelque sorte la dernière goutte d’eau qui a fait déborder le vase : les journalistes cédant facilement aux pressions des politiques sont de plus en plus conçus par le peuple français comme peu crédibles et inefficaces contre la propagation des « fake news ».

Si les grands médias français ont perdu leur crédibilité dans le traitement des sujets nationaux qui concernent directement la France, ils ont également tendance à valoriser ou diaboliser les pays étrangers en fonction du profil de leur audience et des intérêts de l’État français. L’Algérie fait partie des pays les plus attaqués par ces médias tant en raison de son importance géostratégique que pour les différents enjeux qu’elle représente.

L’Algérie: un sujet qui apporte de l’audience

Afin de comprendre pourquoi un pays comme le notre suscite autant d’intérêts en France, il convient déjà de déterminer tous les grands enjeux derrière le traitement médiatique de ce pays. En effet lorsqu’on parle de l’Algérie, de nombreuses autres questions importantes entrent en jeu dont notamment, le soutien porté aux déserteurs, opposants et Hommes politiques poursuivis par la justice algérienne, préférant se rendre en France pour y trouvés refuge est pour l’argent volé et pour leur besoins vitaux, l’Islam, les sujets relatifs à la migration, au terrorisme et à la sécurité des frontières, tous étant des sujets d’actualité de première importance.

A l’heure actuelle, si les aspects négatifs de l’Algérie sont mis en avant de façon exagérée et biaisée dans les médias français, il est rare d’y observer les développements positifs et encourageants dans le pays. Par ailleurs, la terminologie employée dans le traitement des sujets relatifs à l’Algérie varie clairement en fonction des relations entre l’Algérie et la France mais aussi de la tendance politique des médias tant nationaux qu’internationaux, dans le respect d’un calendrier prédéfini par les programmes révélés dans la publication ci-après : (Hirak : la Barbouzerie de Radio M)

Il s’agit donc d’un [Programme EBTICAR-MEDIA] d’arrière-scène et en agissant en douce pour saboter la démocratie en Algérie. Un calendrier stratégique accordé par Canal France International (CFI) et l’Union européenne pour le développement des médias en ligne dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, décroché par « Radio M ». Se révèle au grand jour grâce à la vigilance de l’auteur Ahmed Bensaada.

Pour donner quelques exemples précis, si dans la période du « Hirak » vous pouvez souvent lire des articles concernant les mauvaises expériences vécues par les manifestants hirakites et ongistes rattachés à la NED et ses succédanés. Or, vous pourrez rarement y trouver des articles mettant en lumière toute la beauté historique, culturelle et les avancées y afférentes de l’Algérie.

Au sujet des droits de l’homme avec la France et l’UE, un sujet largement exploité par les responsables politiques « algériephobes et islamophobes » qui veulent attirer des votes, vous lirez dans la majorité des cas les discours et opinions des politiques et intellectuels s’opposant farouchement à l’indépendance de l’Algérie vis-à vis de l’hexagone et de l’union européenne.Dernièrement, même si la France reconnait les opposants politiques et les autoproclamés du hirak algérien comme des entités très souvent financées et manipulés par des organes extérieurs, sont de plus en plus présentés dans les médias français comme des « démocrates », ou pire encore des « apôtres de la liberté » qui « luttent contre la dictature militaire en place, pour assurer la sécurité des Européens ».

Il est également intéressant de noter que concernant la lutte de l’Algérie contre l’injustice de l’impérialisme de la françafrique , les noms des groupes employés contre « l’axe national » sont systématiquement remplacés par le terme « Militants » pour donner l’impression que l’Algérie combat et persécute ses adeptes dans le but de supprimer le mouvement.

La « nouvelle Algérie » perçue comme une menace

Si l’Algérie est aussi attaquée par les médias français avec les gros titres, ce n’est pas uniquement parce qu’elle intéresse les Français mais aussi parce qu’elle « suscite des craintes et inquiétudes » en raison de son importance géostratégique entre l’Europe et l’Afrique, ce qui fait que son avenir est intimement lié à celui de l’UE.

L’Algérie est effectivement un acteur incontournable des relations internationales dont les orientations socioéconomiques et politiques influencent directement les pays de l’Union européenne y compris la France.

Pourtant la croissance économique fulgurante de l’Algérie est une donnée positive pour la stabilité des pays européens, elle est également perçue comme une menace dans un contexte de concurrence entre un pays émergent et le pays développé tel que la France, en stagnation voire en récession économique avec une population de plus en plus âgée.La volonté de l’Algérie de gagner de plus en plus d’indépendance économique dans le cadre de ses objectifs 2025-2030 en développant et diversifiant ses productions comme dans le domaine de la défense mais aussi de ne plus céder aux pressions de l’ancienne puissance coloniale en renouant des liens fo rts avec d’autres acteurs internationaux comme la Russie et la Chine inquiètent les cercles politiques européens et français notamment.Ses activités économiques et humanitaires dans différentes régions du monde, comme les pays du Sahel et les pays arabes sont même qualifiées « d’inacceptables» par les médias français qui ne le voient pas de bon œil.

Tebboune : un président, sous le feu des médias français

Un autre argument majeur dans la diabolisation médiatique de l’Algérie est la perception du président algérien Abdelmadjid Tebboune en France et en Europe.Si au début de son mandat en Algérie en tant que président de la république, il était favorablement accueilli par la communauté internationale comme le « représentant légitime du peuple algérien» dans le monde, l’approche des médias français vis-à-vis de son personnage, a progressivement évolué dans un sens extrêmement négatif voire caricatural.Aujourd’hui injustement décrit comme « Président imposé par l’armée», le véritable homme fort du pays n’est pas le président Tebboune, mal élu en décembre 2019, mais le chef d’état-major Saïd Chengriha et derrière lui “les “décideurs” militaires qui, sous une forme ou une autre, accaparent le pouvoir depuis des décennies”. il est présenté au même titre que le président américain Trump ou le président russe Poutine comme un président « populiste » qui ne respecte pas la démocratie et les droits de l’homme mais qui n’agit qu’à des fins politiques et électoralistes.C’est ainsi à son sujet que nous assistons aux pires manipulations. Ses propos et discours sont souvent détournés pour mettre en avant un personnage haineux et radical, comme le montre clairement les médias mainstream à la solde du Quai d’Orsay et de ses alliés, au nom de prétendues violations des droits de l’homme.Ses prises de position courageuses sur l’actualité internationale créent de la matière à exploiter : de l’affaire du Sahara occidental au statut de Jérusalem « capitale éternelle des palestiniens », la guerre civile en Libye, des attentat terroristes dans le monde aux tragédies mondiales comme l’accueil des réfugiés subsaharien et syrien ou encore le grand jeu auquel s’adonne Paris avec ses anciennes colonies, des projets extraordinaires qu’il met en place en Algérie aux partenariats qu’il développe dans le monde, Tebboune se démarque clairement de la France.

En conclusion, il est impossible de parler de la neutralité et de l’objectivité journalistiques en France dans le traitement médiatique de l’Algérie. Si « l’Algériephobie » avance en France, la contribution des médias français à la création d’une telle ambiance de haine et de division est indéniable.

Algérie54, 12 avr 2021

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